Le président iranien Massoud Pezeshkian prononçant un discours à l'aéroport Mehrabad de Téhéran le 18 août 2025, avant son voyage en Arménie. Photo Présidence iranienne / AFP
L'Iran a promis une réponse à la décision, « injustifiée et illégale » selon lui, de Paris, Londres et Berlin, de déclencher jeudi le mécanisme permettant de réimposer les sanctions de l'ONU contre Téhéran pour non respect de ses engagements sur son programme nucléaire.
Les Européens agitaient depuis des mois la menace d'activer ce mécanisme connu sous le nom du snapback, qui entame un processus de 30 jours permettant de réimposer toute une série de sanctions contre Téhéran.
Leur décision de l'activer intervient quelques semaines avant que n'expire la possibilité d'y recourir, en vertu de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, et après la campagne de bombardements israéliens et américains menés en juin contre les sites du programme iranien.
« Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi a déclaré que l'Iran répondrait de manière appropriée à cette action illégale et injustifiée », a indiqué un communiqué de son ministère, publié à l'issue d'un appel téléphonique entre M. Araghchi et ses homologues français, allemand, et britannique.
Jeudi, les trois pays européens - parties de l'accord de 2015 - ont déclenché ce mécanisme, selon une lettre au Conseil de sécurité de l'ONU vue par l'AFP.
Téhéran avait précédemment averti qu'il exclurait les Européens de toute future négociation autour de son programme nucléaire s'ils franchissaient ce pas.
Le ministre iranien a exprimé à ses homologues « l'espoir que les trois pays européens (...) en comprenant les réalités existantes, corrigeront de manière appropriée cette mauvaise décision dans les prochains jours », a ajouté le communiqué.
Après la guerre de 12 jours entre l'Iran et Israël, déclenchée le 13 juin par une attaque israélienne sur des sites militaires et nucléaires iraniens, les négociations entre Washington et Téhéran pour un accord nucléaire se sont ensablées.
Téhéran a aussi suspendu en juillet sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), chargée de surveiller son programme et a précisé mercredi que le retour en Iran des inspecteurs de l'AIEA ne marque pas une reprise complète des relations.
Dans leur courrier, les trois pays européens ont précisé qu'ils utiliseront « pleinement la période de 30 jours » prévue pour tenter de trouver une solution négociée et réussir à éviter le rétablissement des sanctions.


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