Des véhicules de la Finul sur une route de la région de Tyr, au Liban-Sud, le 8 juillet 2025. Photo Matthieu KARAM / L'Orient-Le Jour
Les présidents libanais, Joseph Aoun, et français, Emmanuel Macron, ont discuté jeudi par téléphone du renouvellement, pour une année seulement, du mandat de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) que devrait voter dans quelques heures le Conseil de sécurité, selon un communiqué de Baabda. Lors de cet appel, M. Aoun a remercié son homologue français pour les « efforts déployés, ayant abouti à un accord pour une prorogation de mandat jusqu'à la fin de l'année 2027 ».
Ce vote sensible, qui envisage donc une fin à terme du mandat de la Finul sous pression des États-Unis et d'Israël, va avoir lieu à 10h30, heure de New York, 17h30 à Beyrouth. Quelque 10 800 Casques bleus font tampon entre Israël et le Liban depuis mars 1978, mais le renouvellement habituel de leur mandat, qui expire dimanche, se heurte cette année à l'hostilité d'Israël et de son allié américain.
Une avancée, qui va « aider l'armée libanaise à achever son déploiement »
Chargée de ce dossier au Conseil de sécurité, la France avait dans un premier temps envisagé une extension d'un an, évoquant simplement l'« intention » de travailler à un retrait de la Finul. Mais face au risque d'un veto américain, après plusieurs versions et un report du vote, le dernier projet de résolution, consultée par l'AFP, programme sans équivoque la fin de la mission dans 16 mois. Le Conseil « décide de prolonger pour une dernière fois le mandat de la Finul (...) jusqu'au 31 décembre 2026 et de commencer une réduction et un retrait ordonnés et sûrs à partir du 31 décembre 2026 et dans un délai d'un an », dit le texte. À l'issue de cette période, l'armée libanaise devra être la seule à assurer la sécurité dans le sud du pays, précise-t-il. Alors que l'émissaire américain Tom Barrack a déclaré mardi, en visite à Beyrouth, que Washington approuverait simplement une prolongation d'un an, il n'est pas clair à ce stade quelle sera la position des États-Unis jeudi.
Selon la présidence de la République, la durée opérationnelle du mandat de la Finul sera d’un an et quatre mois, l’année 2027 étant consacrée à permettre le retrait progressif des Casques bleus du Sud. Le président Aoun a considéré que cette décision constituait « une avancée qui aidera l’armée libanaise à achever son déploiement jusqu’aux frontières reconnues internationalement, une fois réalisé le retrait complet d’Israël, la cessation des actes hostiles et le retour des prisonniers libanais ».
L'accord de cessez-le-feu prévoit un retrait israélien du Liban-sud, mais l'armée israélienne continue d'occuper certaines positions frontalières en territoire libanais jugées stratégiques et mène régulièrement des frappes chez son voisin du nord. Le projet de résolution appelle d'ailleurs Israël « à retirer ses forces du nord de la Ligne bleue », ligne de démarcation fixée par l'ONU entre le Liban et Israël, y compris « les cinq positions sur le territoire libanais ».
Soutien européen et international au plan de désarmement
Le vote sur le mandat de la Finul intervient en outre au moment où Beyrouth s'est engagé à désarmer et à démanteler le Hezbollah d'ici la fin de l'année, sous pression de Washington et dans le cadre de l'application du cessez-le-feu ayant mis fin à la guerre avec Israël en 2024. Cet accord prévoit le retrait du Hezbollah de la zone située au sud du fleuve Litani et le démantèlement de ses infrastructures militaires, en contrepartie du renforcement du déploiement de l'armée libanaise et des Casques bleus de l'ONU.
Dans ce cadre, Emmanuel Macron a affirmé que le plan que l’armée élaborera pour mettre en œuvre la décision relative au monopole des armes, et qui doit être remis le 2 septembre au gouvernement, « bénéficie d’un large soutien européen et international, et qu’il devra être d'une grande précision. »
Les présidents Aoun et Macron ont également discuté des préparatifs en cours pour la tenue de deux conférences internationales destinées à la reconstruction du Liban et au soutien de l’armée. Le président français a souligné la nécessité « d’achever la mise en oeuvre des réformes financières et économiques requises pour accompagner la tenue de ces deux conférences. »



La demande du Président Macron est claire: "En retour de ses efforts le plan de désarmement doit etre d'une grande précision." Donc que le liban officiel ne biaise pas et n'essaie pas d'enfumer les français. Le terme précision se comprend géographiquement et temporellement. Une feuille de papier avec une liste de vagues actions ne suffira pas. Il faut un calendrier : Des dates.
16 h 24, le 28 août 2025