Une fillette recouverte du drapeau du Hezbollah marche près d’une habitation détruite par un bombardement israélien, le 18 février 2025 dans le village de Blida au Liban-Sud. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour.
Le bloc parlementaire du Hezbollah a condamné la décision du gouvernement libanais de désarmer le parti chiite, prise lors des Conseils des ministres des 5 et 7 août, alléguant, tout comme les journaux affiliés au parti, qu'elle est contraire à la Constitution, dans un communiqué jeudi publié suite à une réunion présidée par le chef du groupe, Mohammad Raad.
Désarmer le parti est une « décision fautive » allant à « l’encontre de l’intérêt suprême de la nation, de la préface de la Constitution, de l’accord de Taëf, de sa propre déclaration ministérielle et du droit légitime du peuple libanais à la défense face à l’occupation et à l’agression », soutient le communiqué. « C’est aussi une trahison majeure et une soumission totale et injustifiée aux diktats étrangers, en particulier américains, qui placent l’intérêt de l’ennemi sioniste au-dessus de toute autre considération » dénonce le bloc du Hezbollah.
« Il est impératif de revenir sur cette décision et de corriger la faute de l’avoir adoptée, ainsi que sur l’obstination à la défendre » poursuit le communiqué.
Le 5 août, le gouvernement a chargé l'armée d’élaborer un plan visant au désarmement des milices au Liban, dont le parti chiite pro-iranien, avant la fin de l’année. Le délai accordé à la troupe pour préparer ce projet a été fixé à la fin du mois d'août. Le 7 août, le cabinet en l’absence de ses ministres chiites, a approuvé la feuille de route américaine pour le maintien du cessez-le-feu, qui prévoit le désarmement du Hezbollah mais également un arrêt des violations israéliennes de la trêve. Des manifestations, de faible ampleur, de membres du parti chiite dans plusieurs régions du Liban ont accompagné ces décisions.
« Positions improvisées et dangereuses »
L'État devrait « adopter une stratégie nationale globale pour la sécurité et la défense du Liban et la protection de sa souveraineté et de son peuple, et coordonner toutes les forces et capacités pour atteindre ces objectifs, coupant ainsi court aux positions improvisées et dangereuses qui causent des fissures dans l’unité nationale et des divisions menaçant la sécurité et la stabilité du pays », indique le communiqué.
Au Liban, Israël « poursuit ses attaques quotidiennes, établissant de nouveaux points d’occupation à l’intérieur du territoire libanais, dans un silence et un abandon des autorités libanaises, qui persistent à priver le peuple libanais de son droit à résister à l’occupation et manipulent le contenu de l’accord de Taëf pour transformer le problème avec l’ennemi sioniste en une crise interne libanaise », dénonce également le communiqué du bloc « Fidélité à la résistance ».
Malgré les termes de l'accord de cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah, l'armée israélienne maintient ses positions sur cinq collines au Liban-Sud, poursuit ses manœuvres en d'autres points, et bombarde presque quotidiennement la région.
Le Hezbollah a également salué « la visite officielle fraternelle » il y a plus d'une semaine de Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, et exprimé sa « profonde gratitude pour les positions positives de soutien au Liban et à sa résistance, ainsi que pour le soutien constant de l’Iran à notre cher pays, à son peuple digne et à son droit naturel de libérer sa terre et de défendre sa patrie face à l’ennemi sioniste et à ses menaces expansionnistes et colonisatrices ».
Le bloc du parti chiite a enfin réaffirmé son « engagement sur la voie de la résistance fondée par l'imam (...) Moussa Sadr et lancée pour les Libanais libres et dignes afin de libérer leur pays et protéger sa souveraineté et son indépendance », à quelques jours de l'anniversaire de sa disparition en Libye, le 31 août 1978. Moussa Sadr compte pour la figure ayant initié le réveil communautaire et politique des chiites au Liban, qui se percevaient alors comme « déshérités », en rehaussant leur rang dans l’ordre communautaire institutionnel libanais avec, en particulier, la création du Conseil supérieur chiite. Sa phrase en avril 1974 sur le fait que « les armes sont la parure des hommes » est souvent citée par des membres du Hezbollah.



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