Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan. Photo ANI
Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan a adressé dimanche un « message » au président libanais Joseph Aoun, dans lequel il l'appelle à se méfier des « discours va-t-en-guerre » des détracteurs du Hezbollah. Le parti chiite refuse de remettre ses armes à l’État et son chef a agité vendredi la menace d'un « affrontement » si le gouvernement persistait à vouloir lui retirer son arsenal.
Dans sa missive, le mufti estime que la situation est « extrêmement grave pour la survie d'un Liban patrie entouré de loups internationaux et régionaux affamés de tous côtés. » Dans ce cadre, le dignitaire religieux, considéré comme proche du tandem chiite, a estimé que les armes du Hezbollah « en partenariat avec l'armée » sont une « nécessité essentielle ». « Nous ne pouvons que nous en tenir à cette vérité nationale, même si l’on nous menace d’une bombe nucléaire », a-t-il insisté. Saluant le chef de l’État qui est considéré selon lui par la résistance comme un « leader national qui comprend les points forts et les faiblesses de ce pays », il a souligné que « la résistance appartient à la souveraineté nationale, et non à une communauté. »
« L'heure est à la solidarité nationale, à la prévention de l’explosion, à la protection de la famille libanaise contre la division et les barricades », a-t-il déclaré, soulignant que les « pressions internationales et régionales n'ont aucune valeur face à la solidarité nationale ». La communauté internationale, États-Unis en tête, fait pression pour que le gouvernement désarme le parti chiite, et l'exécutif a adopté le 7 août une feuille de route préparée par Washington visant à garantir le respect des modalités du cessez-le-feu, en réclamant, entre autres conditions, le désarmement des milices.
Dénonçant qu'un des « camps » au Liban est « obsédé par le sang, les barricades, les haines confessionnelles et les massacres sur une base identitaire », il a appelé le président Aoun à s'en méfier : « Rien n’est plus dangereux, en cette période cruciale, que les discours va-t-en-guerre et la haine explosive. »
Ahmad Kabalan a enfin appelé le chef de l’État à s'en remettre aux « conseils précieux et sincères » du président de la Chambre Nabih Berry, « une personnalité transconfessionnelle », tel qu'il l'a qualifié. « Ce que d’autres ne peuvent pas, Nabih Berry le peut », a-t-il conclu.


Cessez-le-feu : entre le non de Tel-Aviv et l’insistance de Beyrouth, Washington pour un retour à l’avant mars 2026