Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Programme D'accueil

L'Allemagne sous pression après l'expulsion d'Afghans du Pakistan qu'elle avait promis d'accueillir


Des membres des forces de sécurité talibanes montent la garde dans une rue lors d'un rassemblement marquant le quatrième anniversaire de la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan, à Ghazni, le 15 août 2025. Photo AFP / MOHAMMAD FAISAL NAWEED

Le gouvernement allemand était sous pression vendredi après l'expulsion par le Pakistan d'Afghans vers leur pays d'origine, alors que Berlin avait promis de les accueillir avant de durcir sa politique migratoire.

Quatre ans jour pour jour après le retour des talibans à Kaboul, deux ONG ont annoncé porter plainte contre deux ministres allemands, leur reprochant de mettre en danger des Afghans expulsés du Pakistan vers leur pays, où ils risquent d'être persécutés, alors qu'ils attendaient leurs visas pour l'Allemagne.

Dans un communiqué, les organisations PRO ASYL et « Patenschaftsnetzwerk Ortskräfte » (réseau de parrainage d'agents locaux, ndlr) accusent les ministres des Affaires étrangères, Johann Wadephul, et de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, de non assistance à personnes en danger.

« Les Afghans expulsés par les autorités pakistanaises risquent d'être victimes d'emprisonnements arbitraires, de mauvais traitements, voire d'exécutions », a déclaré Wiebke Judith, porte-parole de PRO ASYL.

« Au lieu de leur délivrer enfin les visas promis dans le cadre des accords d'accueil, les responsables allemands ont continué à les faire patienter, alors même qu'ils connaissaient le risque d'expulsion », ajoute-t-elle.

Après la prise de pouvoir des talibans en août 2021, le gouvernement allemand avait lancé un programme d'accueil pour 45.000 Afghans, dont ceux qui avaient travaillé sur place pour Berlin ainsi que leur famille.

Mais avant les législatives de février, une série d'attaques meurtrières commises en Allemagne par des étrangers, notamment afghans, a poussé le gouvernement du chancelier conservateur Friedrich Merz à un tour de vis migratoire, marqué notamment en juillet par l'expulsion de 81 criminels vers l'Afghanistan.

Dans leur accord de coalition conclu au printemps après les élections, les conservateurs et les sociaux-démocrates étaient convenus de mettre fin « dans la mesure du possible » à ces programmes d'accueil. 

D'après l'initiative « Kabul Luftbrücke » (Pont aérien Kaboul, ndlr), qui s'engage pour l'évacuation des Afghans menacés, environ 2.300 personnes bénéficiant d'une promesse d'accueil se trouvent actuellement au Pakistan, dont près de 1.700 femmes et enfants.

« Grande inquiétude »


PRO ASYL affirme que le Pakistan a expulsé vers leur pays d'origine 34 Afghans dans cette situation en Allemagne à la mi-août. Ces dernières semaines, plus de 400 Afghans à qui Berlin avait promis l'accueil ont été arrêtés.

Vendredi, le chef de la diplomatie allemande a exprimé sa « grande inquiétude ». Berlin est « en contact étroit » avec Islamabad « afin de garantir la protection de ces personnes et d'aider rapidement celles qui ont été expulsées ou arrêtées ces derniers jours », a affirmé le ministre conservateur.

« La police pakistanaise nous cherche partout », a déclaré vendredi à l'AFP à Islamabad une militante des droits des femmes afghane âgée de 27 ans, arrivée au Pakistan il y a un an avec ses deux fils et son mari, après avoir reçu une promesse d'accueil de l'Allemagne. 

Après l'arrestation d'amis, cette Afghane qui préfère taire son nom n'est pas parvenue à dormir pendant des nuits entières. « Mes enfants et moi, nous sommes tombés malades, mais nous ne pouvons pas aller à l'hôpital à cause de la police », a-t-elle confié.

Un Afghan de 33 ans, collaborateur d'ONG allemandes dans son pays pendant trois ans, qui vit depuis 13 mois à Islamabad avec son épouse et leurs trois enfants, a décrit à l'AFP la terreur dans laquelle il se trouve à l'idée de leur arrestation par la police pakistanaise. 

« Chaque heure nous changeons d'endroits. C'est insupportable », a-t-il dit. De nombreux Afghans passent des journées entières en plein air, dans les parcs d'Islamabad, malgré la chaleur étouffante et les fortes pluies de mousson.

Terre d'accueil des Afghans depuis des décennies, le Pakistan a lancé en 2023 une vaste campagne d'expulsion, renouvelée en avril dernier, annulant des centaines de milliers de permis de séjour et menaçant d'arrêter tous ceux qui ne partiraient pas.

Islamabad, qui voit les violences exploser dans ses régions frontalières avec l'Afghanistan, accuse les trois millions d'Afghans vivant sur son sol d'être « liés au terrorisme et au narcotrafic ». 


Le gouvernement allemand était sous pression vendredi après l'expulsion par le Pakistan d'Afghans vers leur pays d'origine, alors que Berlin avait promis de les accueillir avant de durcir sa politique migratoire.Quatre ans jour pour jour après le retour des talibans à Kaboul, deux ONG ont annoncé porter plainte contre deux ministres allemands, leur reprochant de mettre en danger des Afghans expulsés du Pakistan vers leur pays, où ils risquent d'être persécutés, alors qu'ils attendaient leurs visas pour l'Allemagne.Dans un communiqué, les organisations PRO ASYL et « Patenschaftsnetzwerk Ortskräfte » (réseau de parrainage d'agents locaux, ndlr) accusent les ministres des Affaires étrangères, Johann Wadephul, et de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, de non assistance à personnes en danger.«...