Des pompiers luttent pour éteindre des braises encore chaudes après des incendies près du village d’Albas, dans le massif des Corbières, dans le sud de la France, le 9 août 2025. Photo AFP / Bertrand GUAY
L'incendie d'une ampleur exceptionnelle qui a fait un mort et deux blessés graves dans le sud de la France « pourrait avoir une cause criminelle résultant d'un acte volontaire », a déclaré mercredi le magistrat chargé de l'enquête sur l'origine du sinistre. Avec ses paysages calcinés à perte de vue, l'incendie, qui a parcouru 16.000 hectares de garrigue, de résineux et de cultures en 48 heures, dont 13.000 ont brûlé, a été maîtrisé dimanche mais n'est pas encore éteint, selon la préfecture.
Le feu est parti mardi 5 août vers 16H15 (14h15 GMT) dans le massif des Corbières, au sud-ouest de la ville de Narbonne. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie locale dès le lendemain, alors que le feu était encore actif. Au fur et à mesure des investigations, poursuit le magistrat dans un communiqué, « il est apparu que cet incendie avait une origine anthropique (humaine, ndlr), toute cause naturelle étant exclue ».
En outre, les « experts estiment qu'au regard des conditions de départ du feu, celui-ci pourrait avoir une cause criminelle résultant d'un acte volontaire. Toutefois, cette première expertise demande nécessairement à être confirmée par des investigations complémentaires nombreuses dont la durée peut s'avérer importante », ajoute-t-il.
La vigilance restait de mise mercredi dans la zone affectée par l'incendie, en alerte rouge canicule, pour éviter toute réactivation de l'incendie, le pire incendie depuis au moins 50 ans sur le pourtour méditerranéen français, selon les données officielles. Il devrait être éteint dans les semaines qui viennent, selon la préfecture. Il y a encore des réactivations du feu que les 350 pompiers encore déployés sur place continuent à noyer, alors que 50% des 90 km des lisières de l'incendie ont déjà été traitées.
Une femme de 65 ans a été retrouvée morte à son domicile, un habitant a été grièvement brûlée et un pompier a subi un traumatisme crânien, parmi les 24 blessés déplorés pendant cet incendie. Le feu a détruit 36 maisons et plus d'une vingtaine de hangars agricoles ont brûlé, selon la préfecture.
La Grèce, le Portugal et l'Espagne étaient toujours aux prises mercredi avec de violents incendies tandis que la situation s'améliorait en France et en Italie. Ces feux, qui ont fait quatre morts - deux en Espagne, un au Monténégro, un en Albanie - sont favorisés par une vague de chaleur intense et prolongée associée à une grave sécheresse, signes des effets du changement climatique.


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