Le président argentin Javier Milei à Buenos Aires, le 27 janvier 2025. Luis Robayo/AFP
À l'image des accords d'Abraham, le président argentin Javier Milei a lancé en début de semaine une initiative intitulée « Les Amis américains des accords d’Isaac » (American Friends of the Isaac Accords, AFOIA), visant à renforcer les relations diplomatiques entre les pays d’Amérique latine et Israël, selon un article paru mardi sur la chaîne qatarie al-Jazeera. La Genesis Prize Foundation, organisation qui décerne chaque année une distinction à des personnalités de la communauté juive, a annoncé lundi que son dernier lauréat, Javier Milei, y consacrerait le montant du prix d'un million de dollars.
Ces accords « visent à reproduire le succès des accords d’Abraham en renforçant la coopération diplomatique, économique et culturelle entre Israël et plusieurs pays-clés d’Amérique latine », a indiqué lundi le communiqué de l'organisation. « L’AFOIA est un outil destiné à promouvoir la vision audacieuse de Javier Milei et à encourager d’autres dirigeants d’Amérique latine à se tenir aux côtés d’Israël, à combattre l’antisémitisme et à rejeter les idéologies terroristes qui menacent nos valeurs et nos libertés communes », a ainsi déclaré Stan Polovets, cofondateur de la Genesis Prize Foundation, selon le même texte.
Entre 2017 et 2021, le président américain Donald Trump avait parrainé une série d’accords diplomatiques, connus sous le nom d’« accords d’Abraham », qui avaient permis à certains États arabes, comme le Bahreïn et les Émirats arabes unis, d’établir des relations officielles avec Israël. L’AFOIA entend reprendre cet esprit de coopération en l’adaptant au contexte latino-américain.
L'AFOIA concentrera dans un premier temps ses efforts sur trois pays d’Amérique latine : l’Uruguay, le Panama et le Costa Rica, qui seraient « prêts à renforcer leur coopération avec Israël », indique la Genesis Prize Foundation. « Ces nations peuvent tirer un bénéfice considérable de l’expertise israélienne dans les domaines des technologies de l’eau, de l’agriculture, de la cyberdéfense, de la fintech, de la santé et de l’énergie », poursuit l'organisation, ambitionnant, à long terme, d’étendre sa mission au Brésil, à la Colombie, au Chili et, potentiellement, au Salvador d’ici à 2026.
L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, a salué la création de cette structure et a loué Javier Milei, qu’il a qualifié « d’exemple pour ses voisins de la région ». Il a toutefois reconnu que plusieurs dirigeants latino-américains de premier plan se sont exprimé contre la campagne militaire israélienne à Gaza. « Face à l’hostilité de certains pays de la région à l’égard de l’État hébreu, le soutien apporté par des pays d’Amérique latine actuellement en retrait revêt une importance particulière », a-t-il déclaré dans des propos relayés par al-Jazeera.
Ce projet s’inscrit dans un contexte de vives condamnations à l’encontre de Tel-Aviv en Amérique latine, en raison de la guerre menée par Israël contre le Hamas à Gaza. Depuis son déclenchement en octobre 2023, des pays latino-américains comme la Colombie et la Bolivie ont rompu leurs relations diplomatiques avec l'État hébreu, tandis que le Brésil s'est rallié à la plainte portée devant la Cour internationale de justice par l’Afrique du Sud, qui accuse Israël de commettre un « génocide ».
En juin, Javier Milei avait affirmé son intention de transférer l’ambassade d’Argentine de Tel-Aviv à Jérusalem d’ici à 2026. De confession catholique, il a même fait part de son intention de se convertir au judaïsme. Sa désignation comme lauréat du prix Genesis 2025 est considérée comme une première pour une personnalité non juive.



Proposition totalement absurde. L'Amérique latine ne peut établir de liens avec une entité génocidaire.
05 h 27, le 14 août 2025