Des partisans du Hezbollah lors d'un convoi motorisé dans la banlieue sud de Beyrouth, le 7 août 2025. Photo AFP / IBRAHIM AMRO
Plusieurs convois de quelques dizaines de mobylettes chacun ont sillonné samedi soir la banlieue sud de Beyrouth, afin de protester contre la décision du gouvernement de désarmer Hezbollah, à l'instar des autres groupes armés au Liban, d'ici la fin de l'année.
Cette décision, prise en deux temps par le gouvernement de Nawaf Salam, mardi et jeudi, a provoqué tout au long de la semaine des réactions acerbes de la part des représentants et sympathisants du tandem chiite, Amal et Hezbollah, ainsi que des manifestations de colère dans différentes régions du pays.
Samedi soir, les convois semblaient plus épars dans le Sud et la Békaa, tandis que dans la banlieue sud, à l'appel notamment d'un groupe se nommant « les jeunes de la banlieue sud » de Beyrouth, des groupes de plusieurs dizaines de jeunes partisans circulant en mobylette ont été observés dans différentes zones, notamment le quartier dit de « Sainte Thérèse » et la route de l'aéroport. Comme ces derniers jours, les partisans, certains brandissant des drapeaux du Hezbollah ou, plus rarement, du mouvement Amal, scandaient des slogans de soutien au parti-milice, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. Certains sont allés jusqu'à la route maritime longeant le site de la Grotte aux pigeons.
Déploimenentt de l'armée
Samedi soir également, l’armée libanaise a renforcé la sécurité à Saïda, à ses entrées et autour des camps palestiniens, afin de prévenir d’éventuelles manifestations contre les décisions gouvernementales concernant les armes du Hezbollah, selon notre correspondant Mountasser Abdallah.
Des appels lancés sous le nom de « Jeunesse de Saïda » incitaient à participer à une marche à 23 heures, partant de la mosquée Hariri, intitulée « Refus de la remise des armes de la résistance », mais aucun mouvement n’a finalement eu lieu. L’armée a brièvement fermé les points de contrôle aux entrées des camps.
La veille au soir, des convois plus nombreux avaient également été organisés, et sept manifestants avaient été interpellés, selon une source militaire contactée par L'Orient-Le Jour. L'armée libanaise avait indiqué respecter la liberté d'expression mais rejeter toute atteinte à la paix civile et fermeture de route.
Le gouvernement de Nawaf Salam avait annoncé mardi avoir chargé l'armée de préparer un plan pour mettre en œuvre le désarmement des milices, dont le Hezbollah, avant la fin de l'année, tandis que jeudi, le cabinet a approuvé les « objectifs » définis dans la feuille de route proposée par l'émissaire américain Tom Barrack pour assurer la bonne mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu. Cet accord est entré en vigueur le 27 novembre 2024 après 13 mois de guerre entre le Hezbollah et Israël, mais est violé presque quotidiennement par l'État hébreu, qui continue d'occuper cinq positions au Liban-Sud et d'attaquer plusieurs régions du pays, tandis que Tel-Aviv accuse le Hezbollah de vouloir reconstruire ses infrastructures au sud du Litani. Le « plan Barrack » prévoit le désarmement du Hezbollah et d’autres groupes armés d'ici la fin de l’année, ainsi qu’une série d’autres mesures, comme la mise en application des réformes, un soutien à l’armée libanaise et la délimitation des frontières avec la Syrie et Israël



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