Des voitures sur une avenue de Téhéran, le 16 juillet 2025. Photo AFP / ATTA KENARE
Rouzbeh Vadi, dont les médias officiels avaient annoncé l’exécution mercredi pour avoir transmis des informations sur le programme nucléaire iranien au Mossad, l’agence de renseignement israélienne, était lui-même un scientifique nucléaire, a indiqué jeudi la chaîne d’État IRIB.
Le site d’information du pouvoir judiciaire, Mizan Online, avait déclaré mercredi que M. Vadi avait été condamné pour espionnage au profit d’Israël et pour avoir fourni des informations concernant un scientifique nucléaire tué lors des frappes aériennes israéliennes de juin contre la République islamique.
« Les installations clés étaient Fordo et Natanz (des usines d’enrichissement d’uranium), pour lesquelles j’ai envoyé des informations. J’ai dit que je connaissais ceci et cela à propos de Fordo, ils (les agents du Mossad) m’ont dit d’envoyer tout ce que j’avais », a déclaré le scientifique dans ce qu’IRIB a décrit comme une vidéo de confession diffusée à l’antenne. « L’entrée et la sortie des matières nucléaires dans l’installation de conversion d’uranium et l’usine de fabrication de combustible étaient très importantes pour eux », a ajouté Vadi, titulaire d’un doctorat en génie nucléaire de l’Université de Technologie Amir Kabir.
Une voix off dans la vidéo expliquait que Vadi avait rencontré à cinq reprises des agents du Mossad alors qu’il se trouvait à Vienne, et qu’il s’était vu demander d’ouvrir un compte en cryptomonnaie afin de recevoir un paiement pour ses services. L’accusé a indiqué dans la vidéo que le Mossad lui avait promis un passeport étranger s’il poursuivait une collaboration de long terme.
Jeudi, l’IRIB a partagé une capture d’écran d’un article scientifique présenté lors d’une conférence nucléaire iranienne en 2012, coécrit par Vadi ainsi qu’Ahmad Zolfaqar et Abdolhamid Minouchehr – deux scientifiques nucléaires tués en juin par Israël. Dans le document, Vadi est présenté comme chercheur nucléaire à l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran, la principale institution nucléaire du pays.
Les exécutions d’Iraniens condamnés pour espionnage au profit d’Israël ont considérablement augmenté cette année, avec au moins huit sentences capitales appliquées ces derniers mois. Israël a mené douze jours de frappes aériennes en juin, ciblant les principaux généraux iraniens, des scientifiques nucléaires et des installations nucléaires sensibles. L’Iran a riposté par des salves de missiles et de drones contre Israël.
Cette information est une traduction, réalisée par L'Orient-Le Jour, d'une dépêche publiée en anglais par l'agence Reuters.


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