Un drapeau norvégien à Oslo. Photo d'illustration AFP
Le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store a déclaré mardi avoir demandé à son ministre des finances de se pencher sur une participation du fonds souverain de Norvège dans un fabricant israélien de moteurs équipant des avions de chasse, en pleine guerre à Gaza.
Le fonds souverain norvégien - également connu sous le nom de fonds pétrolier car il est alimenté par les recettes considérables provenant des exportations de pétrole et de gaz du pays - est le plus important au monde et représente une valeur de quelque 1.900 milliards de dollars (1.646 mds d'euros), avec des investissements répartis dans le monde entier.
Le journal norvégien Aftenposten a rapporté lundi que ce fonds avait investi dans la société israélienne Bet Shemesh Engines Holdings, qui fabrique des pièces pour les moteurs utilisés dans les avions de chasse israéliens.
« Je suis très inquiet », a réagi mardi M. Store sur la chaîne de télévision NRK, en ajoutant qu'il avait demandé au ministre des finances de prendre contact avec la banque centrale du pays, qui gère le fonds, « pour savoir ce qu'il en est ».
Nicolai Tangen, PDG de Norges Bank Investment Management qui gère le fonds souverain, a confirmé mardi que le fonds avait bien acquis une participation dans la société en 2023, un investissement augmenté après le début de l'offensive israélienne à Gaza. M. Tangen a précisé que le fonds norvégien détenait désormais plus de 2% des actions de la société israélienne.
Le ministre norvégien des finances, Jens Stoltenberg, a pour sa part exprimé mardi devant la presse sa confiance envers M. Tangen, suite à des appels à la démission du directeur du fonds souverain. L'agence de presse NTB a toutefois rapporté que M. Stoltenberg avait demandé un nouvel examen des investissements du fonds en Israël.
« Nous n'avons pas enquêté sur les entreprises qui assurent la maintenance des moteurs d'avion », a précisé Svein Richard Brandtzaeg, chef du conseil d'éthique chargé d'évaluer si les entreprises respectent les lignes directrices éthiques du fonds. « Nous allons maintenant nous pencher sur la question », a-t-il ajouté sur la chaîne de télévision TV2.


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