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Dernières Infos - Egypte

La rédactrice en chef d'un média indépendant accusée de diffuser de « fausses informations »


Un drapeau égyptien. Photo d'illustration Gianluigi Guercia/Getty Images/AFP

La rédactrice en chef de l'un des seuls médias indépendants en Egypte, Mada Masr, a été interrogée par la justice lundi et mise en accusation pour publication de « fausses informations », après la diffusion d'un rapport faisant état d'abus dans une prison du Caire.

Lina Attalah a été formellement accusée de « diriger un site internet sans licence et de publier de fausses informations pour miner la stabilité ». Elle a été libérée moyennant le paiement d'une caution de 30.000 livres égyptiennes (près de 620 dollars), a indiqué Mada Masr dans un communiqué. Cette accusation est en lien avec la publication le 31 juillet d'un rapport qui citait des plaintes émanant de détenus dans une prison du Caire, notamment une lettre attribuée à l'ancien gouverneur d'Alexandrie, Hassan El-Brens. La lettre décrivait de très nombreux abus commis à l'encontre de M. El-Brens et un certain nombre d'autres détenus.

Ce rapport se faisait également écho d'accusations formulées par des proches de membres des Frères Musulmans détenus, qui affirmaient que plusieurs prisonniers avaient entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions d'incarcération. Amnesty International a qualifié de « très préoccupante » la procédure lancée contre Mme Attalah, dénonçant le fait qu'elle n'était visée « qu'en raison de son rôle de dirigeante au sein de Mada Masr et de son engagement en faveur de la protection de la liberté de la presse ». La veille de la convocation de Mme Attalah, le ministère de l'Intérieur a publié un communiqué pour démentir tout abus, sans citer Mada Masr, et affirmer que la lettre était une « fabrication ».

Le ministère a accusé les Frères Musulmans, interdits en Egypte, de diffuser des « mensonges » et assuré que des mesures légales étaient en cours. Le journalisme indépendant est très encadré en Egypte et les autorités prennent fréquemment pour cibles des journalistes critiques du gouvernement.

Mada Masr, créé en 2013 et qui publie des enquêtes sur les questions de sécurité et de corruption en arabe et en anglais, est bloqué par les autorités depuis des années. Le site, au ton souvent critique du régime d'Abdel Fattah al-Sissi, n'est accessible que par le biais d'un VPN. Il est fréquemment la cible de poursuites, des perquisitions et de censure. Mme Attalah a déjà été arrêtée et interrogée par les autorités, notamment en 2022 pour « diffusion de fausses informations ». Si la Constitution de 2014 garantit la liberté de la presse en Egypte, le Caire figure en 170e position sur 180 dans le classement de la liberté de la presse de 2025 de l'ONG Reporters sans frontières (RSF). Des dizaines de milliers de détenus d'opinion, dont vingt journalistes selon RSF, sont derrière les barreaux.

La rédactrice en chef de l'un des seuls médias indépendants en Egypte, Mada Masr, a été interrogée par la justice lundi et mise en accusation pour publication de « fausses informations », après la diffusion d'un rapport faisant état d'abus dans une prison du Caire.Lina Attalah a été formellement accusée de « diriger un site internet sans licence et de publier de fausses informations pour miner la stabilité ». Elle a été libérée moyennant le paiement d'une caution de 30.000 livres égyptiennes (près de 620 dollars), a indiqué Mada Masr dans un communiqué. Cette accusation est en lien avec la publication le 31 juillet d'un rapport qui citait des plaintes émanant de détenus dans une prison du Caire, notamment une lettre attribuée à l'ancien gouverneur d'Alexandrie, Hassan El-Brens. La...