Une bannière électorale montrant les candidats du Parti du front national (PFN) égyptien aux prochaines élections sénatoriales de 2025 est suspendue au-dessus des piétons marchant le long d'une route à Gizeh, le 20 juillet 2025. Photo AFP/KHALED DESOUKI
Quelque 68 millions d’électeurs égyptiens sont appelés aux urnes ce lundi et mardi pour élire 200 sénateurs, un scrutin sans grand suspense dans un contexte politique étroitement encadré par le pouvoir.
Les 100 sièges restants de la chambre haute seront directement attribués par le président Abdel Fattah al-Sissi, ancien chef de l'armée porté au pouvoir par le renversement militaire de l'islamiste Mohamed Morsi - le premier président égyptien élu démocratiquement en 2013.
Dans cette campagne monochrome, les affiches électorales déployées dans les principales artères du Caire mettent en avant la Liste nationale pour l'Egypte, une coalition alignée sur le pouvoir, et notamment le parti Front national (NF) dirigé par l'ancien ministre du Logement Essam el-Gazzar.
Ce parti, fraîchement constitué, fédère d'anciens hauts fonctionnaires et personnalités influentes avec le soutien financier d'un homme d’affaires proche du président al-Sissi.
Les citoyens ont aussi reçu sur leur téléphone des messages les invitant à participer au scrutin, notamment de la part du parti « Hamat el Watan » (Les Défenseurs de la Nation).
La « Liste nationale pour l’Égypte » réunit treize formations politiques, dont le parti au pouvoir Mostaqbal Watan (Avenir de la Nation) qui détient la majorité parlementaire, Hamat El Watan et le Front National. Y figurent aussi des partis autrefois symboles de l'opposition – comme les libéraux du Wafd ou les progressistes de Tagammu- qui justifient leur ralliement en affirmant que « ledit front n'empêchera pas la diversité des visions et des opinions ».
Dans la foulée du soulèvement populaire du 25 janvier 2011 ayant chassé le président Hosni Moubarak, l’Egypte a adopté un système parlementaire monocaméral en juillet 2013, dissolvant ainsi le Sénat. La chambre haute a été rétablie en 2019 suite à un référendum.
Le mandat sénatorial est fixé à cinq ans, avec un quota minimum de 10% de sièges réservés aux femmes.
Les élections législatives pour la chambre basse, plus influente mais tout aussi docile vis à vis du pouvoir présidentiel, sont prévues en novembre.
Le mode de scrutin sénatorial est mixte: la moitié des 200 sièges en jeu est dédiée aux candidats indépendants dans 27 circonscriptions, les partis politiques concourent pour le reste dans quatre grandes circonscriptions.
Les résultats du premier tour sont attendus le 12 août, avec un éventuel second tour les 25-26 août à l’étranger, les 27-28 août en Égypte. Les électeurs de l'étranger ont voté vendredi et samedi. Les résultats définitifs seront publiés dans le Journal officiel le 4 septembre. Souvent critiqué pour son régime autocratique et son bilan en matière de droits humains, le pouvoir égyptien se targue d'avoir mené un dialogue national avec l’opposition.
Selon plusieurs ONG, les prisons comptent des dizaines de milliers de prisonniers politiques — militants, journalistes et figures de l'opposition. Ce que le gouvernement nie.


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