Le logo de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) est photographié sur la façade du siège de l'OMS, le 24 octobre 2017 à Genève. Photo AFP/FABRICE COFFRINI
L'Organisation mondiale de la santé a rejeté mercredi les accusations du gouvernement de Donald Trump qui a affirmé que les amendements à l'accord international sur la gestion des maladies et autres dangers sanitaires violaient la souveraineté américaine.
« Notre tâche consiste à formuler des recommandations et des lignes directrices fondées sur des preuves et à aider les pays à protéger et à améliorer la santé de leurs populations », a soutenu le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Mais la manière dont les pays appliquent ces conseils a toujours été et sera toujours de leur ressort, en fonction de leurs directives et règles nationales », a-t-il défendu, en conférence de presse.
En 2024, les pays membres de l'OMS ont approuvé à Genève des amendements au Règlement sanitaire international (RSI), un cadre juridiquement contraignant pour répondre aux urgences de santé publique qui avait montré ses limites pendant le Covid. Ces amendements introduisent la notion d' « urgence pandémique » et un engagement en faveur de la solidarité et de l'équité pour renforcer l'accès aux produits médicaux et aux financements.
Le ministre de la Santé Robert Kennedy Jr, connu pour ses positions vaccinosceptiques, et le secrétaire d'Etat Marco Rubio ont affirmé le 18 juillet que « ces amendements risquent d'entraver indûment notre droit souverain à élaborer notre politique sanitaire ». Le chef de l'OMS a balayé ces accusations mercredi.
« Permettez-moi d'être très clair. Tout d'abord, le RSI, ses amendements et l'Accord sur les pandémies (2025, NDLR) ont tous été proposés, négociés et adoptés par nos États membres. C'est ainsi que fonctionne l'OMS. Elle appartient aux pays », a-t-il déclaré. « Deuxièmement, l'OMS n'a pas le pouvoir de dire aux pays ce qu'ils doivent faire. Nous ne pouvons pas imposer des interdictions de voyager, des confinements, des obligations de vaccination ou tout autre type de mesure » et « nous ne cherchons pas non plus à le faire », a-t-il indiqué, avant d'ajouter : « Cela est clairement énoncé dans notre document fondateur, la Constitution de l'OMS ».
Lors du même point de presse, Steve Solomon, juriste en chef à l'OMS, a expliqué que les pays avaient eu jusqu'au 19 juillet pour dire s'ils rejetaient les amendements adoptés en 2024, mais que seul un très petit nombre d'entre eux l'avaient fait. « Il est désormais clair que les amendements au RSI de 2024 s'appliqueront à l'écrasante majorité des 196 pays qui sont Parties au RSI », a-t-il dit.


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