Un avion de chasse Eurofighter EF-2000 Typhoon de la Luftwaffe (armée de l'air allemande) décolle lors de l'exercice Ramstein Flag 2025 de l'OTAN à la base aérienne de Leeuwarden, le 8 avril 2025. Photo d'illustration John Thys/AFP
Le gouvernement allemand a annoncé mercredi avoir levé son veto sur la livraison d'Eurofighter à la Turquie, débloquant la vente de ces avions de combat fabriqués par l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie. « Le ministère de la Défense a transmis une lettre au gouvernement turc dans laquelle l'accord d'exportation est confirmé », a déclaré à la presse un porte-parole du gouvernement, Stefan Kornelius.
La Turquie négocie depuis plusieurs années l'achat de 40 Eurofighter pour moderniser son armée mais l'Allemagne tardait à approuver cette transaction en raison de différends politiques avec Ankara sur plusieurs points, dont la guerre dans la bande de Gaza. Bien que Londres dirige les négociations, chacun des quatre pays du consortium fabriquant ces avions de combat peut mettre son veto à une vente.
Avec la levée de ce veto, les ministères turc et britannique de la Défense ont annoncé la signature d'un accord préliminaire pour cette importante commande militaire. « L'acceptation de la Turquie comme utilisateur de l’Eurofighter Typhoon renforcera les liens d'amitié tissés depuis des décennies entre les principaux alliés de l'Otan », a salué le ministère turc de la Défense, dans un communiqué. « Elle constituera une étape importante vers le renforcement des capacités de combat aérien avancées de la Turquie » a-t-il ajouté.
Selon l'hebdomadaire Spiegel, la Turquie s'est engagée à ce que ces appareils ne soient jamais employés contre un pays membre de l'Alliance atlantique, une disposition destinée à rassurer son voisin grec avec lequel ses relations connaissent des tensions régulières et qui voit d'un mauvais oeil ce renforcement du potentiel militaire turc.
L'Allemagne, l'un des plus fervents soutiens d'Israël avec les Etats-Unis, et la Turquie, beaucoup plus hostile, ont des positions divergentes sur l'offensive israélienne dans la bande de Gaza. En outre, Berlin était particulièrement critique vis-à-vis du gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, après l’arrestation du maire d’opposition d’Istanbul, Ekrem Imamoglu le 19 mars dernier. Cependant, ce dernier avait lui-même, dans un message sur X, appelé l’Allemagne à lever son veto : « La Turquie est plus grande qu'Erdogan, annulez la décision de l'Eurofighter », avait-il dit. M. Imamoglu, officiellement candidat du parti CHP, est considéré comme le principal rival de M. Erdogan pour la prochaine élection présidentielle en 2028.


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