Des Palestiniens transportant une personne touchée par des tirs lors d'une distribution d'aide de la GHF à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 juillet 2025. Photo AFP
Un agent de sécurité américain qui a travaillé pour Gaza Humanitarian Foundation (GHF), une organisation d'aide controversée et soutenue par les États-Unis, a affirmé dans une interview mardi à la chaîne israélienne Channel 12 que « les centres d'aide traitaient très mal la population et la mettaient en danger », estimant qu'il « fallait y mettre fin ».
L'agent a ainsi critiqué le comportement aveugle du personnel de la GHF et a relaté un incident au cours duquel un Palestinien qui ramassait de la nourriture par terre a été aspergé de gaz lacrymogène par des gardes de sécurité américains, alors qu'il ne représentait aucune menace. Il a également décrit un incident au cours duquel un membre du personnel de la GHF a lancé une grenade incapacitante directement sur une Palestinienne, qui est tombée par terre. « C'est à ce moment-là que j'ai réalisé que je ne pouvais plus continuer », a-t-il affirmé.
« Alors que les Palestiniens finissaient de collecter l'aide qui se trouvait sur le site, les gardes de sécurité américains ont commencé à leur tirer dessus... à leurs pieds, sur les talus de terre, pour les faire partir », a-t-il raconté. « De tout mon service militaire, je n'ai jamais vu un tel usage de la force contre des civils désarmés. Je n'y participerai pas maintenant », a-t-il ajouté. Dans une déclaration, la GHF a rejeté les allégations et a déclaré que le contractant avait été licencié pour mauvaise conduite.
L'ONU a accusé l'armée israélienne d'avoir tué à Gaza depuis fin mai plus de 1 000 personnes qui cherchaient à obtenir de l'aide humanitaire, en grande majorité près de centres de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF). Deux employées d’un sous-traitant américain de la GHF chargé d’assurer la sécurité des distributions d’aide avaient déjà témoigné début juillet des « pratiques dangereuses et irresponsables » de la fondation à l’Associated Press (AP). Elles avaient décrit l’utilisation régulière de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène en direction de Palestiniens à la recherche d’aide humanitaire, même lorsqu’il n’y a pas de menace. L’une assure même que des balles réelles sont tirées dans tous les sens, en l’air, au sol, et qu’une personne au moins aurait été touchée.


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