Le militant des droits humains égypto-britannique Alaa Abdel-Fattah. Photo d'archives AFP
Un tribunal égyptien a ordonné lundi le retrait du militant égypto-britannique Alaa Abdel-Fattah de la liste nationale des personnes accusées de terrorisme, un peu plus d'une semaine après que sa mère a mis fin à une grève de la faim réclamant sa libération. Il n'était pas possible de savoir dans l'immédiat si cette décision pourrait déboucher sur la libération de ce militant de 43 ans qui a passé la majeure partie de la dernière décennie en détention.
Figure emblématique du soulèvement de 2011 en Egypte, Alaa Abdel-Fattah avait été arrêté pour la dernière fois en 2019 et condamné à cinq ans de prison pour avoir publié sur Facebook un message évoquant des violences policières. Dans sa décision, la cour pénale du Caire estime lundi que les services de sécurité ne disposent plus d'éléments établissant un lien entre Abdel-Fattah et les activités des Frères musulmans, organisation interdite dans le pays.
Son avocat, Khaled Ali, a confirmé la décision dans un communiqué. Ce jugement entraîne la levée de plusieurs restrictions, notamment un gel des avoirs et des interdictions de voyager. M. Abdel-Fattah a terminé sa peine fin 2023 pour « diffusion de fausses informations », mais reste détenu sans nouvelles charges ni procès. Mi-juillet, sa mère, la chercheuse Laila Soueif, avait mis un terme à une grève de la faim de dix mois lancée pour réclamer sa libération.
Un groupe d'experts de l'ONU a qualifié sa détention d'arbitraire et réclamé sa libération immédiate. Malgré des efforts diplomatiques, y compris des discussions entre le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le sort du militant demeure inchangé. Depuis 2022, les autorités égyptiennes ont libéré des centaines de détenus et gracié plusieurs figures de l'opposition, dont l'avocat de d'Alaa Abdel-Fattah, Mohamed al-Baqer. Mais son nom, lui, a été à plusieurs reprises écarté.


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