Des véhicules de la Finul en patrouille à Haris, dans le caza de Bint Jbeil, le 21 juillet 2025. Photo parvenue à notre correspondant Mountasser Abdallah
Des véhicules de la Force intérimaire des Nations unies (Finul) qui patrouillaient lundi à Haris, (caza de Bint Jbeil) dans le sud du Liban, ont été brièvement pris à partie par des individus qui les ont empêchés de poursuivre leur chemin.
« Il s’agit d’un incident mineur qui a été rapidement résolu », a affirmé à L’Orient-Le Jour la porte-parole adjointe de la Finul, Kandice Ardiel. Selon elle, l’un des véhicules rencontrait un problème mécanique et a dû être démonté, ce qui a nécessité un certain temps sur place. Selon les informations de notre correspondant du Liban-Sud, Mountasser Abdallah, les Casques Bleus étaient accompagnés par une unité de l'armée libanaise au moment des faits.
Alors que le sud du pays est quasi-quotidiennement sous le feu israélien, malgré l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, la zone a connu lundi un calme précaire.
Entré en vigueur le 27 novembre dernier sous l’égide de Washington et de Paris, l’accord prévoyait un retrait total des troupes israéliennes du Liban-Sud. Or l’armée israélienne occupe toujours cinq positions sur le territoire libanais, mène régulièrement des incursions terrestres et effectue presque quotidiennement des frappes aériennes. Du côté libanais, l’accord prévoyait un désarmement progressif du Hezbollah, à commencer par le sud du Litani, puis sur l’ensemble du territoire, conformément à la résolution 1701 de l’ONU, une exigence que le parti chiite rejette fermement. Les attaques israéliennes sur le Liban au cours des huit derniers mois ont fait plus de 270 morts.
Des scènes de frictions entre la Finul et des résidents de villages du Liban-Sud, où le Hezbollah continue d'être influent, se sont multipliées depuis l'instauration de la trêve, entrée en vigueur le 27 novembre dernier après une guerre dévastatrice de plus de 13 mois entre la formation chiite et Israël. La Finul, aux côtés des États-Unis, de la France, du Liban et d'Israël, fait partie du « comité de surveillance international » chargé de superviser le cessez-le-feu.
Des convois de Casques bleus sont souvent bloqués ou pris à partie par des habitants qui leur reprochent de ne pas être accompagnés dans leurs patrouilles par l'armée libanaise. La liberté de déplacement de la Finul au Liban-Sud sans l’armée libanaise a été remise en question au cours des dernières années, sous la pression du Hezbollah. Théoriquement, la force onusienne peut se déplacer de manière indépendante « dans les secteurs où ses forces sont déployées » (article 12 de la résolution 1701 de l’ONU), et agit sous le chapitre VI de l’ONU qui ne l’autorise pas à utiliser la force pour mener à bien sa mission. L'armée libanaise affirme de son côté ne pas avoir assez d'effectifs pour escorter chaque patrouille de Casques bleus.


