Des Palestiniens réagissent alors qu'ils demandent de la nourriture à une cuisine de charité, dans un contexte de crise alimentaire, dans la ville de Gaza, le 14 juillet 2025. REUTERS/Mahmoud Issa/photo d'archives
Au moins 32 personnes ont été tuées par des tirs israéliens alors qu'elles se rendaient à un site de distribution d’aide à Gaza samedi à l’aube, selon le ministère de la Santé de Gaza et l’hôpital Nasser à Khan Younès.
L’armée israélienne a indiqué avoir tiré des coups de semonce sur des suspects qui s’étaient approchés de ses troupes sans répondre aux sommations, à environ un kilomètre d’un site de distribution d’aide qui n’était pas actif au moment des faits.
Mohammed al-Khalidi, un habitant de Gaza, a déclaré qu’il faisait partie du groupe se dirigeant vers le site et qu’aucun avertissement n’avait été lancé avant le début des tirs. « Nous pensions qu’ils étaient venus pour nous organiser afin que nous recevions de l’aide, soudain j’ai vu les jeeps arriver d’un côté et les chars de l’autre, puis ils ont commencé à tirer sur nous », a-t-il raconté.
Le Gaza Humanitarian Fund, (GHF) un groupe soutenu par les États-Unis qui gère le site d’aide, a affirmé qu’aucun incident ni décès n’avait eu lieu samedi et qu’il avait maintes fois mis en garde la population contre la venue en pleine nuit sur ses points de distribution. « L’action de l'armée israélienne ayant entraîné des pertes humaines s’est produite plusieurs heures avant l’ouverture de nos sites ; selon nos informations, la plupart des victimes se trouvaient à plusieurs kilomètres du site GHF le plus proche », a soutenu le groupe. L’armée israélienne a fait savoir pour sa part qu’elle enquêtait sur l’incident.
Pour l'ONU, un modèle « dangereux »
Le GHF s’appuie sur des sociétés privées américaines de sécurité et de logistique pour faire parvenir des fournitures à Gaza, contournant en grande partie un système piloté par les Nations unies. Israël accuse les combattants du Hamas de détourner l’aide internationale destinée aux civils, une affirmation que le Hamas dément farouchement.
L’ONU a qualifié de son côté le modèle du GHF de « dangereux » et de violation des standards d’impartialité humanitaire, ce que le groupe dément.
Mardi, le bureau des droits de l’homme de l’ONU à Genève a déclaré avoir enregistré au moins 875 morts au cours des six dernières semaines à proximité de sites d’aide et de convois alimentaires à Gaza – la majorité d’entre eux près des points de distribution du GHF. La plupart de ces décès ont été provoqués par des tirs d’armes à feu que les habitants imputent à l’armée israélienne. Cette dernière a reconnu que des civils avaient été touchés, ajoutant que de nouvelles instructions avaient été données aux forces israéliennes pour tenir compte des « leçons tirées ».
Au moins 18 autres personnes ont été tuées dans d’autres attaques israéliennes à travers Gaza samedi, selon des responsables de la santé. L’armée israélienne a déclaré avoir frappé des dépôts d’armes et des postes de francs-tireurs en plusieurs endroits de l’enclave palestinienne.
Israël et le Hamas mènent des négociations indirectes au Qatar visant à parvenir à une trêve de 60 jours, bien qu’aucun signe de percée imminente ne soit visible.


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