Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk, s'exprimant lors d'une conférence de presse à Colombo le 26 juin 2025. Photo AFP
Il ne faut pas renvoyer les Afghans dans leur pays, en particulier ceux qui risquent d'être « persécutés » ou « torturés », a demandé l'ONU après l'expulsion vendredi par l'Allemagne de 81 Afghans condamnés par la justice.
« Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Volker Turk demande l'arrêt immédiat du renvoi forcé de tous les réfugiés et demandeurs d'asile afghans, en particulier ceux qui risquent d'être persécutés, détenus arbitrairement ou torturés à leur retour », a indiqué une porte-parole, Ravina Shamdasani, lors d'un point de presse à Genève.
« L'heure doit être à la solidarité avec le peuple afghan », a-t-elle dit, soulignant que la situation dans ce pays, où les talibans ont repris le pouvoir en août 2021, « est extrêmement désastreuse ».
Les Afghans peuvent être confrontés à des violations des droits humains à leur retour mais « il y a aussi la situation humanitaire » avec « 70% de la population afghane vit dans la pauvreté », a relevé Mme Shamdasani.
Les pays « doivent veiller à ce que les retours vers l'Afghanistan soient volontaires, sûrs, dignes et conformes au droit international », a-t-elle insisté.
L'ONU avait déjà critiqué début juillet les expulsions d'Afghans vers leur pays d'origine, évoquées alors par l'Allemagne, et réclamé plus de moyens pour accueillir le flot de réfugiés qui rentrent, parfois forcés, d'Iran et du Pakistan.
Cette fois, le gouvernement allemand a procédé vendredi à l'expulsion de 81 Afghans condamnés par la justice, nouveau signal du durcissement de la politique migratoire opéré par le chancelier Friedrich Merz.
Mme Shamdasani a expliqué que le principe de « non-refoulement » s'appliquait également à des personnes condamnées par la justice.
« Il s'agit d'un principe essentiel du droit international : lorsque des personnes craignent d'être persécutées si elles sont renvoyées » dans leur pays, « elles ne doivent pas y être renvoyées », a-t-elle exposé.
Le Pakistan et l'Iran ont accueilli des millions d'Afghans dans les décennies passées au gré des guerres, invasions et autres fléaux qui ont frappé l'Afghanistan. Ces réfugiés, souvent ciblés par les autorités qui les accusent de tous les maux, sont visés par des mesures d'expulsions accélérées.
En un peu plus de sept mois, plus de 1,9 million d'Afghans sont rentrés en Afghanistan depuis l'Iran et le Pakistan, selon l'ONU. Environ 500.000 Afghans ont été renvoyés de force depuis l'Iran depuis le 13 juin, premier jour de la guerre contre Israël.
Selon l'ONU, parmi les personnes expulsées figurent des journalistes, des anciens fonctionnaires ou des employés de l'ancien gouvernement afghan, qui risquent de subir des représailles à leur retour en Afghanistan.


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