Lamia Khoury devant un coin de son accrochage au Café Rossa. Photo DR
C’est au « Rossa », ex- Horseshoe - café emblématique de la rue Hamra- que l’artiste Lamia Khoury a décidé d’exposer 23 de ses peintures. De grands formats ils sont visibles même depuis la rue mythique qui a tellement changé depuis ses années de gloire.
Labyrinthiques à première vue, ses toiles représentent, en réalité, des visages et des regards cerclés de couleurs et de mouvements. Outre les enchevêtrements de lignes et de couleurs, qui font sa facture immédiatement reconnaissable, l’artiste distille dans certaines de ses œuvres au fusain et à l’acrylique des « tarbouches » libanais, signe de sa relation forte avec son pays. Elle dépeint aussi dans l’une d’elles, intitulée My City, son vécu de l’explosion meurtrière du 4 août 2020 et l'impact de la destruction matérielle et mentale qu’elle a eu sur les habitants de Beyrouth.
On l’aura compris, à mi-chemin entre abstraction et figuration, les toiles de Lamia Khoury évoquent des états d’âmes et des émotions à fleur de peau. Celles de cette artiste singulière qui aborde l’art comme un antidote au monde acéré et intense ainsi qu’aux carcans d’une carrière de juriste. « Parfois, je rentre chez moi et je me laisse aller sur une toile », raconte cette avocate de profession, qui a trouvé refuge et liberté dans l’art et l’écriture.
C’est dans cet esprit que cet accrochage ne porte pas de thème : « Parce que l’art est libre et ne peut être enfermé dans un moule », affirme celle qui il y a deux mois participait aussi à une expo collective à L’Atelier (Gemmayzé) et qui a à son actif « Dialogue entre Paris et Beyrouth sur WhatsApp », un ouvrage également né suite à l’explosion du port de Beyrouth et publié chez Hachette.
S. G.

