De la fumée s'élève au-dessus du port de Beyrouth après l'effondrement d'une partie des silos à blé, le 4 août 2022. Photo Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour
L’ancien procureur général près la Cour de cassation Ghassan Oueidate a refusé, jeudi, d’être notifié d’une audience prévue par le juge d’instruction près la Cour de justice Tarek Bitar, pour une audition lundi prochain en tant que mis en cause dans l’affaire de la double explosion au port de Beyrouth, survenue le 4 août 2020.
Dans les faits, la police judiciaire agissant sur instruction du chef du parquet de cassation Jamal Hajjar s’est rendue jeudi à Chhim, ville d’origine et lieu de résidence de l’ancien magistrat, dans le Chouf, pour lui remettre sa convocation, indique une source du Palais de justice à L’Orient-Le Jour. M. Oueidate a lu la notification sans la signer, et a adressé une lettre au juge Bitar, par l’intermédiaire de l’agent de police, dans laquelle il lui affirme qu’il n’a ni « légitimité » ni « compétence » pour l’interroger. Pour justifier son refus, Ghassan Oueidate s’est fondé sur l’article 354 du Code de procédure pénale, qu’il interprète comme exigeant notamment qu’un magistrat accusé d’un délit ou d’un crime doit être poursuivi devant une haute instance judiciaire désignée ad hoc.
M. Oueidate avait déjà été convoqué le 11 juillet par Tarek Bitar, mais ne s'était pas présenté à l'audience faute d'avoir été dûment notifié par la police judiciaire.
En janvier 2023, l’ancien chef du parquet avait engagé une procédure judiciaire contre M. Bitar pour « usurpation de pouvoir » et « rébellion contre la justice », après que celui-ci a décidé, sur base d’une étude juridique, de relancer son enquête en se dégageant du blocage judiciaire qu’il subissait en raison d’une série de recours portés contre lui par des personnalités mises en cause, et considérés comme abusifs.

