Des militants du Hamas montent la garde le jour de la remise des otages détenus à Gaza depuis l'attaque meurtrière du 7 octobre 2023, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 22 février 2025. Photo Hatem Khaled/Reuters
Un haut responsable du Hamas ainsi que deux sources palestiniennes proches des négociations indirectes avec Israël ont démenti mercredi les informations publiées par des médias israéliens selon lesquelles ces pourparlers en vue d'une trêve à Gaza progressaient.
« Aucun progrès n'a été réalisé jusqu'à présent dans les négociations indirectes en cours à Doha entre les délégations du Hamas et d'Israël », a déclaré à l'AFP une source palestinienne suivant de très près les négociations. « Nous espérons que les médiateurs parviendront à faire pression sur Israël pour qu'il propose une carte de retrait (de l'armée israélienne) acceptable, qui garantisse un retrait effectif, et non un simple redéploiement des forces militaires israéliennes » dans la bande de Gaza, a poursuivi cette source, affirmant aussi qu'aucune nouvelle carte n'avait été présentée.
Des médias israéliens, dont la radio-télévision publique Kan, avaient évoqué plus tôt mercredi des avancées sur l'ampleur d'un retrait de l'armée israélienne dans la bande de Gaza, ravagée et affamée par 21 mois de guerre. « L'occupant (Israël, NDLR) n'a encore fourni aucune carte, nouvelle ou révisée, concernant le retrait militaire de la bande de Gaza. Ce qu'il prétend au sujet de nouvelles cartes est faux », a déclaré à l'AFP Bassem Naïm, membre du bureau politique du mouvement islamiste palestinien. « La délégation israélienne n'est engagée dans le processus de négociation que pour sauver son image dans les médias israéliens et réduire la pression internationale sur le gouvernement Netanyahu », a ajouté M. Naïm, qui suit également les négociations en cours à Doha. Selon lui, Israël n'a pas l'intention de « mettre fin à la guerre (...) contrairement à ce qu'il prétend dans les négociations en cours à Doha et à ce qu'il dit aux médiateurs ».
Une autre source palestinienne très proche des négociations a également affirmé à l'AFP mercredi que les négociations faisaient du sur-place, notamment sur la question des acteurs de la distribution d'aide à Gaza. La délégation israélienne refuse de changer le mécanisme de distribution, actuellement géré par une organisation soutenue par les Etats-Unis et avec laquelle les Nations unies ne veulent pas collaborer, a-t-il ajouté. Mardi, le médiateur qatari avait fait savoir que les efforts s'intensifiaient pour parvenir à un accord en vue d'une trêve associée à une libération d'otages israéliens retenus à Gaza, tout en reconnaissant que les négociations étaient encore dans une phase préliminaire, plus de deux semaines après avoir été entamées.


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