Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’adresse aux parlementaires lors d’une session spéciale à la Knesset à Jérusalem, le 13 juin 2021. Photo d'archives AFP
Un parti ultra-orthodoxe israélien a été vivement critiqué mardi après avoir quitté la coalition au pouvoir dans le cadre d'un débat sensible sur la conscription militaire, alors que l'armée a besoin d'effectifs pour la guerre à Gaza.
Le départ du parti « Judaïsme unifié de la Torah », annoncé lundi, laisse la coalition gouvernementale de Benjamin Netanyahu avec une courte majorité de 61 sièges sur 120 au Parlement. Le parti a annoncé qu’il quittait la coalition en raison de l’échec du gouvernement à obtenir une exemption du service militaire pour les élèves de yeshiva (école talmudique). Ceux-ci bénéficient depuis des décennies d'une exemption de plus en plus mal acceptée par la société israélienne, alors que le pays est en guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza depuis l'attaque lancée le 7 octobre 2023 sur le sol israélien par le mouvement islamiste palestinien.
Pour le député d'opposition Avigdor Lieberman, le parti « Judaïsme unifié de la Torah » a continué de « promouvoir avec force » une loi d'exemption, au détriment « des combattants sur le terrain, qui ont besoin de renforts pour partager le fardeau avec eux ». L'annonce du parti lundi soir est survenue alors que le gouvernement avait appris la mort de trois soldats israéliens dans la bande de Gaza.
« Ces politiciens s’efforcent d’empêcher les jeunes orthodoxes de rejoindre leurs pairs héroïques, qui défendent le peuple d’Israël », a dénoncé de son côté l'ancien Premier ministre Naftali Bennett sur X, qualifiant la décision d' »inacceptable ». « Nous sommes en guerre. (...) C'est un gouvernement de la honte qui n'est pas digne de notre bon peuple », écrit celui qui a récemment annoncé la création d'un nouveau parti de droite.
Par ailleurs, l'autre formation ultra-orthodoxe, le parti séfarade Shass, a annoncé qu'il pourrait aussi quitter le gouvernement, une décision qui ferait perdre la majorité à M. Netanyahu et entrainerait des élections anticipées. Des discussions visant à modifier le texte de loi sur la conscription s'intensifient en Israël ces derniers mois, mettant le gouvernement sous pression.
Selon l'armée israélienne, 458 de ses soldats ont été tués dans la campagne militaire sur Gaza depuis le début de l'offensive au sol le 27 octobre 2023. L'attaque du 7-Octobre en Israël a entraîné la mort de 1 219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes. Au moins 58 386 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne militaire de représailles israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas à Gaza, jugées fiables par l'ONU.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin