Des automobilistes passant devant des panneaux d'affichage portant les portraits des généraux des Gardiens de la révolution iraniens tués par les récentes frappes israéliennes, à Téhéran, le 9 juillet 2025. Photo AFP
La diplomatie russe a qualifié dimanche de « diffamation » un article selon lequel le président Vladimir Poutine a exhorté son allié iranien à accepter un accord « zéro enrichissement » sur le nucléaire, voulu par Washington.
Le média américain Axios, citant des sources anonymes proches du dossier, avait affirmé samedi que Vladimir Poutine avait appelé l'Iran à accepter un accord avec les États-Unis qui le priverait de toute possibilité d'enrichir l'uranium.
Cet article « semble être une nouvelle campagne politique de diffamation visant à exacerber les tensions autour du programme nucléaire iranien », a réagi dimanche le ministère russe des Affaires étrangères. Le ministère a assuré que la position de la Russie sur la question est « bien connue ».
« Invariablement et à maintes reprises, nous avons souligné la nécessité de régler la crise autour du programme nucléaire iranien par des moyens exclusivement politiques et diplomatiques, et exprimé notre volonté d'aider à trouver des solutions mutuellement acceptables », a-t-il dit.
La Russie, qui s'est rapprochée de l'Iran depuis le début de son offensive en Ukraine en 2022, s'est toutefois gardée de répondre directement au contenu de l'article. Si Moscou plusieurs fois défendu publiquement le droit de Téhéran à utiliser le nucléaire à des fins civiles, Vladimir Poutine s'est aussi rapproché de son homologue américain Donald Trump ces derniers mois.
Les États-Unis et l'Iran sont profondément divisés sur la question de l'enrichissement de l'uranium : Téhéran le considère comme un droit « non négociable », afin de développer un programme nucléaire civil, tandis que Washington s'y oppose.
Israël a affirmé avoir lancé son attaque le 13 juin contre l'Iran, qui a déclenché une guerre de 12 jours, en faisant valoir que la République islamique était, selon elle, sur le point de se doter de l’arme nucléaire. Les agences de renseignement américaines et l’Agence internationale de l’énergie atomique estimaient pourtant que l’Iran n’a pas eu de programme nucléaire militaire structuré depuis 2003, bien qu’il ait enrichi de l’uranium jusqu’à 60 %, soit à un pas technique du seuil militaire de 90 %.
Le conflit a suspendu des négociations engagées en avril entre Téhéran et Washington pour encadrer le programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions économiques contre l'Iran. Les Etats-Unis ont bombardé le 22 juin le site souterrain d'enrichissement d'uranium de Fordo, au sud de Téhéran, et des installations nucléaires à Ispahan et Natanz (centre). L'étendue précise des dégâts n'est pas connue.
Samedi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que son pays accepterait de revenir à la table des négociations avec les États-Unis s’il recevait des assurances de ne plus être attaqué, selon des médias officiels iraniens.


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