Aux commandes de « Love and Revenge » : Rayess Bek, Mehdi Haddab (oud électrique) et Julien Perraudeau (claviers). Photo avec l’aimable autorisation de Liban Jazz
Oum Koulthoum, Abdel Halim, Asmahan, Warda... Et si on les faisait revivre, non pas dans un musée, mais dans un club ?
C’est le pari (fou, mais parfaitement tenu) de Love and Revenge, ovni visuel et musical piloté par le MC Rayess Bek, qui débarque à Beyrouth le 16 juillet au MusicHall Waterfront, dans le cadre de Liban Jazz.
Ce concert-spectacle n’est pas une veillée nostalgique pour fans de vinyles poussiéreux, mais une déflagration électro-poétique en hommage à l’âge d’or du cinéma et de la musique arabes. Une cérémonie du tarab futuriste où archives et beats s’entrechoquent.
« Love and Revenge ? C’est une relecture sonore et visuelle très brute de l’identité arabe moderne à travers le prisme du cinéma vintage et de la musique remixée avec amour, et des envies de vengeance… parfois », lâche Rayess Bek, le cerveau du projet.
Depuis une décennie, ce trio d’artistes composé de Rayess Bek, Mehdi Haddab (oud électrique) et Julien Perraudeau (claviers) fait tourner les têtes et secouer les hanches sur les scènes les plus pointues : Philharmonie de Paris, Fondation Cartier, Exit Festival, Louvre Abou Dhabi… Leurs armes ? Des samples savamment découpés, des voix de divas qui tutoient les infrabasses, des solos de oud branchés sur 220 volts et, surtout, un montage vidéo réalisé par Rayess Beik. Regards complices, femmes au panache sublime, plages égyptiennes au ralenti, séquences glamour ou contestataires… Il compose un flot d’images à la fois sensuel, politique et poétique.
« Il n’y a rien de nostalgique dans ce show, il est ambitieux et optimiste », écrit The Guardian. Une description qui colle parfaitement à ce « concert visuel », comme l’appelle Rayess Bek : « Tu es libre de planer, de danser, de rêver, de pleurer. Assis, debout, les yeux ouverts ou fermés. C’est une expérience à chaque fois renouvelée. »
Le concept est né d’un hasard fertile : « En 2014, on m’a demandé de revisiter Ya Msafer Wahdak de Abdel Wahab pour un film. L’expérience a été un révélateur fantastique. L’idée de faire dialoguer sur scène le cinéma arabe et les remix sonores en temps réel est née. Ça fait plus de 10 ans que ça dure ! »
Pas question pour autant de figer le projet : les archives du monde arabe sont une matière vivante, infinie. « Je me sens comme un archéologue du son et des images. C’est une sensation géniale, et la partager sur scène, c’est une communion extraordinaire avec notre passé. Paradoxalement, on se sent puissant, en avance sur le monde. »
La musique d’abord ? L’image avant tout ? Impossible de trancher : « It takes two to tango, l’important, c’est que ça danse ensemble. »
Et où ça vibre le plus fort ? « On est un groupe de musique. Mehdi au oud électrique est un rockeur dans l’âme, Julien est un scientifique du clavier, et moi, derrière mes machines avec mes samples, je joue au chef d’orchestre. Le projet prend toute sa force quand on sent le public. Là où on capte les visages, les silences, les sourires timides et les regards électriques, c’est là que la magie prend. »
Pas besoin d’étiquette, ni de catégorie. Il suffit de venir vivre l’instant. Love and Revenge, c’est l’« expérience électro-pop arabe » du moment. Beyrouth est prête. Et vous ?



Ils sont exceptionnels ils faut y aller absolument! Ils ont fait danser le philharmonie de Paris sur Oum Koulsoum c’était un spectacle extraordinaire!
07 h 26, le 12 juillet 2025