L'ex-ministre libanais de l'Industrie, Georges Bouchikian, lors d'une conférence de presse en février 2024. Photo DR
Le président du Parlement libanais, Nabih Berry, organisera demain vendredi une réunion entre le Bureau de la Chambre et la commission parlementaire de l'Administration et de la Justice, qui devrait être consacrée à la demande de levée de l'immunité du député et ex-ministre Georges Bouchikian, accusé de corruption lors de son mandat au ministère de l'Industrie.
La réunion est prévue à 11h au siège de la présidence du Parlement, à Aïn el-Tiné, à Beyrouth, selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle).
Si l'Ani n’a pas précisé les raisons de cette réunion, d'un format rare, une source proche du Bureau de la Chambre a souligné qu'elle sera consacrée à la demande du procureur général près la Cour de cassation, Jamal Hajjar, envoyée mardi au Bureau, de lever l'immunité de M. Bouchikian. Selon cette source, lorsqu'une telle demande lui parvient, le Bureau doit étudier, avec la commission de l'Administration et de la Justice, le dossier envoyé par la justice, et rédiger un rapport destiné aux députés. Ce document sera ensuite débattu en séance plénière, pour qu'une décision soit prise par les députés.
M. Bouchikian et son ministère « sont accusés d’avoir exigé de l’argent de la part d'industriels en échange de l’octroi de licences d’exploitation », selon des informations publiées dans un article datant de février dernier. Le 1er juillet, le procureur général avait entendu l'ex-ministre sans toutefois prendre de mesures à son encontre. Celui-ci bénéficie actuellement de l’immunité parlementaire pendant la session extraordinaire en cours. Cette session avait été convoquée à la demande du président de la République, Joseph Aoun, et du Premier ministre, Nawaf Salam, afin de faire avancer les projets de réforme.
Georges Bouchikian est le deuxième ministre du gouvernement précédent de Nagib Mikati à faire l'objet d'une procédure judiciaire dans une affaire de corruption. Son ex-collègue au ministère de l'Economie, Amine Salam, est actuellement en détention, avec plusieurs autres officiels, dans une affaire de pots-de-vin liées à des sociétés d'assurance.


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