Accrochages entre des Casques bleus et des habitants de Aïtit (caza de Tyr), ayant conduit les soldats de la Finul à tirer des grenades lacrymogènes pour disperser les riverains, le 10 juillet 2025. Photo parvenue par notre correspondant Mountasser Abdallah
Une fois de plus, un incident a éclaté jeudi matin entre des habitants du Liban-Sud et une patrouille de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), menant à l'utilisation de fumigène par les Casques bleus pour disperser les riverains.
Selon les informations de notre correspondant de la région Mountasser Abdallah, une patrouille militaire, composée de soldats des contingents finlandais et français, circulait dans la localité de Aïtit, en direction de Wadi Jilo, dans le caza de Tyr. Le convoi a été intercepté par des habitants du village qui lui ont demandé de rebrousser chemin jusqu’à ce qu’il soit accompagnée par l’armée libanaise. Les Casques bleus ont refusé de faire demi-tour et des échauffourées ont eu lieu entre les deux parties, poussant les soldats de la Finul à lancer des grenades fumigènes. L'armée libanaise est ensuite rapidement arrivée pour calmer la situation et s'est déployée dans la zone.
La Finul a confirmé cet incident dans un communiqué obtenu par L'Orient-Le Jour, soulignant que des « individus en civil » avaient bloqué les Casques bleus lors d'une « patrouille planifiée près de Wadi Jilo ». Elle a souligné que l'itinéraire de la patrouille avait été « préalablement coordonnée avec les Forces armées libanaises, en appui à la mise en œuvre par le Liban de la résolution 1701. »
« Alors que la situation était initialement calme, les individus ont rapidement commencé à lancer des pierres sur les soldats de la paix, qui ont été contraints de disperser la foule à l’aide de fumigènes pour se protéger », jusqu'à l'arrivée de l'armée qui a pu prendre le contrôle de la situation. Dans son texte, le porte-parole de la force onusienne, Andrea Tenenti, a rappelé que « la liberté de mouvement constitue un élément central du mandat de la Finul » et que « toute entrave à cette liberté, que la Finul opère avec ou sans » l'armée, constitue une violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU. « Nous avons demandé aux autorités libanaises de traduire les responsables en justice », a encore indiqué la Finul.
Commentant l'incident, le député Achraf Rifi, opposant notoire du Hezbollah, a appelé l'Etat libanais à « faire payer les agresseurs et n'avoir aucune tolérance pour ceux qui exposent le Liban aux plus graves dangers ». « Soit l'État est le seul et unique souverain de toutes les décisions et de toutes les terres, soit le pays se désintègre », a-t-il insisté, se demandant comment ce genre de scène qui se répète peut être « compatible avec l'acceptation de la résolution 1701 et l'évacuation (du Hezbollah, ndlr) du sud du Litani ».
Tensions récurrentes
Ces scènes de frictions entre la Finul et des résidents de villages du Liban-Sud, où le Hezbollah continue d'être influent, se sont multipliées depuis l'instauration de la trêve, entrée en vigueur le 27 novembre dernier après une guerre dévastatrice de plus de 13 mois entre la formation chiite et Israël. La Finul, aux côtés des États-Unis, de la France, du Liban et d'Israël, fait partie du « comité de surveillance international » chargé de superviser le cessez-le-feu.
Des convois de Casques bleus sont souvent bloqués ou pris à partie par des habitants qui leur reprochent de ne pas être accompagnés dans leurs patrouilles par l'armée libanaise. La liberté de déplacement de la Finul au Liban-Sud sans l’armée libanaise a été remise en question au cours des dernières années, sous la pression du Hezbollah. Théoriquement, la force onusienne peut se déplacer de manière indépendante « dans les secteurs où ses forces sont déployées » (article 12 de la résolution 1701 de l’ONU), et agit sous le chapitre VI de l’ONU qui ne l’autorise pas à utiliser la force pour mener à bien sa mission. L'armée libanaise affirme de son côté ne pas avoir assez d'effectifs pour escorter chaque patrouille de Casques bleus.
Ces tensions ont lieu alors qu'un vote onusien est prévu en août pour renouveler le mandat de la force onusienne. L’avenir de ce mandat est scruté de près, après des informations publiées dans la presse israélienne suggérant que les États-Unis et Israël pourraient s’y opposer. Une source diplomatique américaine avait toutefois affirmé à L’Orient-Le Jour que les rumeurs concernant un veto américain étaient « inexactes ». Le Liban attend toujours le résultat de ce renouvellement, dans un contexte de frappes israéliennes quasi-quotidiennes au sud du pays et dans la Békaa malgré le cessez-le-feu. Le 25 juin, le président de la République, Joseph Aoun, avait indiqué que la prorogation du mandat de la Finul était « un facteur clé pour le maintien de la stabilité et de la sécurité à la frontière sud du pays ».




Toujours et comme par hasard - voulu-les MÊME démocrates soldats des contingents finlandais ou français espagnol ou belgique , pologne ......aujourd'hui les autres a la pêche ou en mission vétérinaire ET notre armée?
08 h 44, le 11 juillet 2025