L'envoyé spécial américain Tom Barrack lors de sa visite à Beyrouth le 7 juillet 2025. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Dans une déclaration à la chaîne saoudienne al-Arabiya, une source du département d’État américain a loué mercredi les progrès réalisés par l'armée libanaise pour désarmer le Hezbollah, tout en appelant à accélérer le processus et à prendre des mesures supplémentaires.
« Les États-Unis sont encouragés par les efforts de l’armée libanaise pour désarmer le Hezbollah, mais nous avons besoin que l’État libanais en fasse davantage pour éliminer totalement toutes les armes et les infrastructures du Hezbollah et des acteurs non étatiques à travers le pays », a affirmé le responsable américain.
« Saisir cette opportunité »
Si l'envoyé spécial américain Thomas Barrack s’est dit satisfait de la réponse libanaise, lors de sa visite à Beyrouth, certains observateurs ont vu dans sa réaction inattendue une volonté de mettre le Liban officiel face à ses responsabilités et de brandir la menace d'un arrêt des efforts de médiation américaine.
La source du Département d'État a, dans ce cadre, mis en garde contre le danger de permettre au Hezbollah ou à tout autre « groupe terroriste » de reconstituer ses capacités militaires, estimant que toute négligence à ce stade constitue une « menace directe pour la sécurité du Liban et d’Israël », ainsi qu’une occasion manquée pour l’État libanais de rétablir sa souveraineté et de reconstruire ses institutions. « Comme l’a dit l’ambassadeur Barrack à Beyrouth, le Liban doit saisir cette opportunité pour avancer », a abondé le responsable américain.
Le même responsable a enfin rappelé la nécessité pour le Liban d'accélérer également sur le volet des réformes économiques et judiciaires, appelant le Parlement libanais à « adopter rapidement les lois sur la résolution bancaire et l’indépendance du pouvoir judiciaire ».
Ces déclarations venues de Washington interviennent au lendemain de la visite de l'envoyé spécial américain à Beyrouth, où il s'est entretenu en début de semaine avec de nombreux responsables libanais, dont le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement, Nabih Berry.
Lors d’un point de presse mardi soir, la porte-parole du département d’État, Tammy Bruce, a salué les efforts de M. Barrack qui vient de clôturer une visite de deux jours à Beyrouth, le qualifiant de « personne remarquable ». « Il a une mission difficile. Ce n’est pas un homme qui fait semblant et il a déclaré être incroyablement satisfait de la réponse du gouvernement libanais aux appels au désarmement du Hezbollah », a-t-elle affirmé. Et d’ajouter : « Même si je ne vais pas caractériser les conversations diplomatiques privées que nos responsables peuvent avoir, le fait est que vous pouvez écouter leurs propres paroles ».
Selon l’accord de cessez-le-feu conclu le 27 novembre dernier pour mettre fin à la guerre de 13 mois entre Israël et le Hezbollah, la milice pro-iranienne doit retirer ses combattants du sud du fleuve Litani, tandis qu’Israël se retirera totalement du Liban-Sud. Mais le Hezbollah refuse de remettre le reste de son arsenal tant que persistera l’occupation par Israël de cinq points frontaliers qualifiés de « stratégiques ».
Malgré la trêve en vigueur au Liban, l'armée israélienne a commis plus de 500 violations et s'infiltre régulièrement dans des villages frontaliers, tout en continuant de mener des frappes aériennes. Ces tirs et ces frappes ont tué au moins 251 personnes depuis le 27 novembre, selon les chiffres de l'ONU comptabilisés par notre publication.



Le Barrak a lancer une phrase bien plus importante et lourde de sens que toutes celle-ci pour passer le message: "Les politiques au Liban jouent au trictrac alors que nous jouons aux échecs" Comprend qui comprendra.
10 h 07, le 11 juillet 2025