Le secrétaire d'État américain Marco Rubio (à droite) écoute le ministre rwandais des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe s'exprimer lors d'une cérémonie de signature d'un accord de paix entre le Rwanda et la République démocratique du Congo dans la salle des traités du département d'État à Washington, DC, le 27 juin 2025. Photo Mandel Ngan/AFP
Des délégations de la République démocratique du Congo (RDC) et du groupe armé antigouvernemental M23 sont au Qatar mercredi pour des pourparlers en vue d'élargir un accord de paix signé fin juin, a indiqué à l'AFP un diplomate au fait des discussions.
« Des délégations de la RDC et (...) du M23 sont actuellement à Doha, les Qataris facilitant les pourparlers « , a déclaré ce diplomate sous couvert d'anonymat, ajoutant que les négociations seraient « cruciales pour parvenir à un accord », après la signature le mois dernier d'un engagement entre la RDC et le principal soutien du M23, le Rwanda, à mettre fin aux combats dans l'est du Congo.
Le M23, soutenu par le Rwanda, avait appelé la semaine dernière à de nouvelles discussions pour traiter les problèmes laissés de côté par l'accord de paix signé en juin à Washington entre Kigali et Kinshasa.
« Ce cycle de négociations sera déterminant pour parvenir à un accord », a déclaré le diplomate, ajoutant que les médiateurs qataris travaillaient en étroite collaboration avec l'Union africaine.
Riche en ressources naturelles et notamment en minerais, l'Est congolais est en proie depuis plus de 30 ans à des conflits. Les violences se sont intensifiées au cours des derniers mois dans cette région frontalière du Rwanda, avec une offensive éclair du M23 et des troupes rwandaises (FDR) sur Goma et Bukavu, face à une armée congolaise dépassée.
Ces violences ont fait des milliers de morts, selon le gouvernement congolais et l'ONU, et aggravé une crise humanitaire pour des centaines de milliers de déplacés.
Début juillet, des experts de l'ONU avaient pointé le « rôle déterminant » joué par l'armée rwandaise dans l'est de la RDC, au côté du M23, dans l'offensive éclair qui a conduit à la chute en janvier-février de Goma et de Bukavu.
Kigali n'a jamais explicitement reconnu sa présence militaire dans la région, se limitant à justifier le maintien de « mesures défensives » en raison de la présence des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), créées par d'anciens dirigeants hutu liés au génocide rwandais de 1994 et considérées par le Rwanda comme une « menace existentielle ».
Depuis février, le front dans l'est de la RDC s'est stabilisé. Mais des violences se poursuivent entre le M23 et une myriade de milices pro-Kinshasa qui mènent des actions de guérilla. Par le passé, ni le M23, ni les milices locales n'ont reconnu les accords de cessation des combats.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin