Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à son arrivée à une conférence de presse du BRICS, le 7 juillet 2025 à Rio de Janeiro. REUTERS/Pilar Olivares
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra ce week-end en Corée du Nord, allié militaire de la Russie dans son invasion de l'Ukraine, ont annoncé mercredi la diplomatie russe et l'agence d'Etat nord-coréenne KCNA.
Sergueï Lavrov « se rendra en République populaire démocratique de Corée du 11 au 13 juillet pour mener des négociations », a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, utilisant le nom officiel de la Corée du Nord.
L'agence nord-coréenne KCNA avait annoncé ce déplacement un peu plus tôt mercredi, affirmant qu'il intervenait « à l'invitation » du ministère nord-coréen des Affaires étrangères.
Cette visite du haut responsable russe survient un mois et demi après celle à Pyongyang du secrétaire du Conseil de sécurité russe Sergueï Choïgou, à l'occasion du premier anniversaire d'un accord de défense mutuelle signé par les deux pays.
Moscou et Pyongyang ont renforcé leur coopération militaire ces dernières années, la Corée du Nord fournissant des armes et des troupes pour soutenir la guerre de la Russie contre l'Ukraine.
Les deux pays ont signé un accord de défense mutuelle à l'occasion d'une visite du président russe Vladimir Poutine en Corée du Nord l'an dernier.
Un contingent de soldats nord-coréens a participé, aux côtés de l'armée russe, aux combats contre les forces ukrainiennes dans la région russe de Koursk, en partie occupée par les troupes de Kiev depuis l'été 2024. La Russie a annoncé les avoir renvoyés en avril dernier.
En avril, Pyongyang a confirmé pour la première fois avoir déployé des troupes sur le front ukrainien aux côtés de l'armée russe.
Pour Lim Eul-chul, professeur à l'université sud-coréenne de Kyungnam, la fréquence des contacts directs entre des hauts responsables russes et Kim Jong Un est « très inhabituelle ».
Les discussions pourraient notamment porter sur la préparation d'une « visite attendue » du dirigeant nord-coréen en Russie, a-t-il noté auprès de l'AFP.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a été interrogé mercredi sur la possibilité d'une visite de Kim Jong Un en Russie, ou de Vladimir Poutine en Corée du Nord.
« Pour l'instant, dans un futur proche, il n'y a pas de tels projets », a-t-il répondu.
Autre signe de rapprochement, l'agence russe de régulation du transport aérien (Rosaviatsia) a annoncé délivrer à la compagnie aérienne russe Nordwind Airlines l'autorisation d'effectuer jusqu'à deux vols par semaine entre Moscou et Pyongyang.
Il n'y a pour l'heure pas de vol commercial direct entre les deux capitales distantes de près de 6.500 kilomètres.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin