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Dernières Infos - Polémique

L'ONU critique les expulsions d'Afghans envisagées par l'Allemagne


Des réfugiés afghans au poste-frontière d'Islam Qala entre l'Afghanistan et l'Iran, le 28 juin 2025. Photo AFP/WAKIL KOHSAR

L'ONU a critiqué vendredi les expulsions d'Afghans vers leur pays d'origine, évoquées la veille par l’Allemagne et réclame plus de moyens pour accueillir le flot de réfugiés qui rentrent, parfois forcés, d'Iran et du Pakistan. « Il n'est pas approprié de renvoyer des gens en Afghanistan » en raison de la situation dans la pays, a critiqué la porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Ravina Shamdasani, lors d'un point de presse à Genève.

L'Allemagne envisage de négocier directement avec les autorités talibanes au pouvoir en Afghanistan pour faciliter l'expulsion de délinquants afghans que Berlin a promis d'accélérer, a déclaré le ministre de l'Intérieur dans un entretien jeudi. L'Allemagne, comme la plupart des pays dans le monde, ne reconnaît pas les talibans comme l'autorité légitime. 

« Je souhaite que nous concluions des accords directement avec l'Afghanistan afin de permettre les rapatriements », a déclaré Alexander Dobrindt dans une interview au magazine Focus. Actuellement, les contacts avec les talibans ne se font que par l'intermédiaire de pays tiers et « cela ne peut pas rester une solution permanente », a ajouté le ministre conservateur.

« Nous avons documenté des violations continues des droits de l'homme en Afghanistan, en particulier des violations des droits des femmes et des filles, a rappelé Mme Shamdasani. « Nous avons également continué à documenter d'autres exemples de violations des droits de l'homme, y compris des exécutions », et « donc, il n'est pas approprié de parler de renvoyer des personnes en Afghanistan dans ce contexte », a-t-elle insisté.

Son collègue, responsable du Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU en Afghanistan, a abondé dans le même sens, lors du briefing.

« Concernant la question des retours depuis l'Allemagne, je voudrais simplement rappeler à tout le monde que le HCR continue d'émettre un avis de non-retour en Afghanistan », a dit Arafat Jamal, en visioconférence de Kaboul. « En d'autres termes, ce que nous estimons, objectivement parlant, c'est que les conditions sur le terrain ne sont pas encore réunies pour des retours. Nous exhortons les pays à ne pas rapatrier de force vers l'Afghanistan », a-t-il ajouté.

Vagues de retour

L'agence des Nations unies pour les réfugiés recherche d'urgence des financements pour protéger plus de 1,4 million de personnes qui sont retournées ou ont été forcées de retourner en Afghanistan depuis le début de l'année, dont plus d'un million en provenance d'Iran, a rappelé M. Jamal.

Le Pakistan et l'Iran ont accueilli des millions d'Afghans dans les décennies passées au gré des guerres, invasions et autres fléaux qui ont frappé l'Afghanistan. Ces réfugiés, souvent ciblés par les autorités qui les accusent de tous les maux, sont visés par des mesures d'expulsions accélérées. 

Au milieu des milliers de migrants afghans qui traversaient le poste-frontière d'Islam Qala début juillet, Hajjar Shademani et ses trois frères et soeurs ont raconté à l'AFP le raid de la police à leur domicile de Chiraz avant d'être reconduits de force dans un pays qu'ils n'avaient jamais vu.

Le HCR exhorte les pays de la région à garantir que les retours en Afghanistan « soient volontaires, sûrs et dignes ».  « Forcer ou faire pression sur les Afghans pour qu'ils rentrent risque de provoquer une instabilité accrue dans la région et des mouvements vers l'Europe », a mis en garde M. Jamal.

Le HCR appelle la communauté internationale à augmenter d'urgence et de manière substantielle le financement.  Cette année, le plan d'aide du HCR en Afghanistan n'est financé qu'à hauteur de 28% des 216 millions de dollars requis.


L'ONU a critiqué vendredi les expulsions d'Afghans vers leur pays d'origine, évoquées la veille par l’Allemagne et réclame plus de moyens pour accueillir le flot de réfugiés qui rentrent, parfois forcés, d'Iran et du Pakistan. « Il n'est pas approprié de renvoyer des gens en Afghanistan » en raison de la situation dans la pays, a critiqué la porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Ravina Shamdasani, lors d'un point de presse à Genève.L'Allemagne envisage de négocier directement avec les autorités talibanes au pouvoir en Afghanistan pour faciliter l'expulsion de délinquants afghans que Berlin a promis d'accélérer, a déclaré le ministre de l'Intérieur dans un entretien jeudi. L'Allemagne, comme la plupart des pays dans le monde, ne...