Donald Trump durant le 18e green lors de la deuxième journée du LIV Golf Invitational - DC au Trump National Golf Club le 27 mai 2023 à Sterling, Virginie. Photo d'archives Rob Carr/Getty Images/AFP
Donald Trump a utilisé jeudi soir un terme controversé, « shylock », pour parler des usuriers lors d'un meeting dans l'Iowa (centre), avant d'assurer ensuite ne pas connaître la connotation antisémite du mot.
« Pas de taxe sur la mort. Pas de taxe sur les successions. Pas besoin d'aller voir les banques et d'emprunter auprès, dans certains cas, d'un bon banquier et, dans certains cas, de shylocks et de mauvaises personnes », a déclaré le président américain, qui savourait le succès de l'adoption de sa loi budgétaire à l'occasion du lancement des célébrations du 250e anniversaire des Etats-Unis.
Interrogé plus tard à sa descente d'avion sur la connotation antisémite du terme, Donald Trump a répondu: « Je ne l'ai jamais entendu de cette façon ». « Le sens du terme shylock est quelqu'un qui prête de l'argent à des taux élevés. Vous le voyez différemment. Je n'ai jamais entendu ça », a-t-il ajouté.
Le mot shylock trouve son origine dans un personnage célèbre de la pièce de Shakespeare Le marchand de Venise. Le méchant Shylock, un riche usurier juif, est devenu depuis une des incarnations les plus durables des préjugés antisémites. Le terme est aussi devenu un synonyme de requin d'affaires.
Son prédécesseur Joe Biden, qui n'était alors que vice-président, avait dû s'excuser en 2014 pour avoir employé le même terme, reconnaissant « un choix de mots malheureux ». Abraham Foxman, directeur de l'Anti-Defamation League, una organisation de lutte contre l'antisémitisme, avait à l'époque dénoncé un « stéréotype sur les juifs profondément ancré dans la société ».
En septembre, avant son élection, Donald Trump avait promis de faire face à « l'horrible vague de haine antisémite et pro-Hamas » aux Etats-Unis, en se présentant comme un « défenseur, protecteur » des juifs américains. Son administration mène une bataille contre les universités accusées d'avoir permis des manifestations pro-palestiniennes sur leur campus.


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