Un garçon palestinien sur l'épave d'une voiture sur les décombres d'une maison résidentielle à Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, le 1er juillet 2025. Photo Eyad Baba/AFP
Le mouvement islamiste palestinien Hamas a affirmé mercredi discuter de « propositions » en vue d'un cessez-le-feu à Gaza, reçues des médiateurs qataris et égyptiens qui pilotent des négociations indirectes avec Israël.
« Nous faisons preuve d'un haut sens des responsabilités et menons des consultations nationales pour discuter des propositions que nous ont transmises les frères médiateurs, afin de parvenir à un accord garantissant la fin de l'agression, le retrait (israélien, NDLR), et une aide urgente à notre peuple dans la bande de Gaza », a déclaré le Hamas.
Le président américain Donald Trump a affirmé mardi qu'un accord de trêve était proche à Gaza, en proie à une catastrophe humanitaire après plus de 20 mois de guerre. Le Hamas a évoqué dans son communiqué les « efforts intensifs » fournis par les médiateurs, alors que les tractations se sont plusieurs fois enlisées au fil des mois passés.
Les propositions actuellement étudiées par le Hamas mentionnent une trêve de 60 jours, pendant laquelle seraient libérés la moitié des otages israéliens encore vivants, en échange d' « un certain nombre de prisonniers » palestiniens, a détaillé à l'AFP une source palestinienne proche des négociations. Sur les 251 personnes enlevées lors de l'attaque du Hamas en Israël qui a déclenché la guerre, le 7 octobre 2023, 49 sont toujours retenues à Gaza, dont 27 déclarées mortes par l'armée israélienne.
Une autre source proche de ces échanges a expliqué à l'AFP que l'un des points de blocage reste « le mécanisme (de distribution) d'aide » en place dans le territoire palestinien et principalement géré par la Fondation humanitaire pour Gaza (GHF), une entreprise au financement opaque soutenue par Israël et les Etats-Unis. « De larges parties de notre population sont privées d'accès à la nourriture » dans la configuration présente, a déploré cette source, condamnant la mainmise israélienne sur les distributions et le peu de denrées parvenant sur le territoire.
Plus tôt dans la journée, des informations de l'agence américaine Associated Press, citant une source égyptienne anonyme, faisait état d'une rencontre au Caire entre une délégation du Hamas et les médiateurs.
Dans un message publié sur son réseau Truth Social, le président Trump avait affirmé qu’Israël avait « accepté les conditions nécessaires pour finaliser un cessez-le-feu de 60 jours », durant lequel toutes les parties travailleront à mettre fin à la guerre. Selon le président américain, cette décision a été le fruit d’une « réunion longue et productive » mardi entre Steve Witkoff, envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient, et Ron Dermer, ministre israélien des Affaires stratégiques et l'un des principaux conseillers du Premier ministre Benjamin Netanyahu, au sujet de la guerre en cours à Gaza. « Les Qataris et les Égyptiens, qui ont travaillé d'arrache-pied pour contribuer à la paix, présenteront cette proposition finale » au Hamas, avait-il ajouté, espérant « le bien du Moyen-Orient » et l’acceptation de l’accord par le Hamas. Sinon, « la situation ne s’améliorera pas, ELLE NE FERA QU'EMPIRER », avait-il prévenu.
Plus d’un an et demi après l’attaque du 7-Octobre, de nouveaux appels à signer un accord avec le mouvement islamiste se sont faits entendre en Israël et au-delà, suite au cessez-le-feu annoncé par M. Trump entre l'État hébreu et la République islamique d'Iran.
Il n'est pas certain que cette nouvelle proposition aborde le point central d'achoppement des pourparlers, à savoir « la demande du Hamas d'un engagement ferme des États-Unis qu'un cessez-le-feu de 60 jours conduira à une fin permanente de la guerre », analyse le site d'informations américain Axios. Lors des négociations précédentes, les propositions avaient été coordonnées à l'avance par les États-Unis, le Qatar et Israël, mais n'avaient pas répondu aux attentes du Hamas.
Le retrait, le démantèlement et l'exil du Hamas
Le projet d'accord prévoit également une feuille de route pour gouverner la bande de Gaza d'après-guerre, précise Axios. Et d'ajouter : « Pour Israël, tout cessez-le-feu à long terme doit inclure le retrait du Hamas du pouvoir, le démantèlement de son aile militaire et l'exil de ses principaux commandants », ainsi que l'administration de Gaza par des responsables palestiniens locaux « non affiliés au Hamas ou à l'Autorité palestinienne », avec un « rôle actif » des États arabes dont l'Égypte, la Jordanie, les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite.
Un haut fonctionnaire israélien, cité par Axios, a menacé d'un renforcement de l'ampleur de l'attaque israélienne dans la bande occupée en l'absence d'une « évolution vers un accord sur les otages ». « Nous ferons à la ville de Gaza et aux camps centraux ce que nous avons fait à Rafah », a-t-il ajouté.
Une source israélienne a, elle, affirmé au quotidien Haaretz que la dernière proposition de trêve à Gaza « ne comprend pas un engagement clair d'Israël à mettre fin à la guerre, mais fournit des garanties solides sur cette question. » Le document stipule, par exemple, que si aucun accord n’est atteint durant la trêve de 60 jours, les médiateurs seront chargés de veiller à la poursuite des négociations « sous certaines conditions ». « Ce n’est pas seulement une question de formulation », a précisé la source, « c’est aussi le ton général, qui permet au Hamas de percevoir à quel point les Américains veulent – et sont capables de – pousser Israël dans cette direction. »
Une « opportunité » de libérer les otages
En réaction à ces affirmations, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a appelé à ne pas «manquer» une occasion de libérer les otages à Gaza. « Une large majorité au sein du gouvernement et de la population est favorable au plan de libération des otages. Si l'occasion se présente, il ne faut pas la manquer », a écrit M. Saar sur la plateforme X.
Lundi, l'armée israélienne avait ordonné l'évacuation vers le sud des civils habitants la ville de Gaza, laissant présager une extension de son offensive terrestre. Les attaques israéliennes dans la bande se poursuivent, l'agence de défense civile de Gaza signalant que l'armée israélienne a tué au moins 100 personnes mardi. Au total, plus de 56 640 Palestiniens, majoritairement des civils, ont trouvé la mort dans la campagne de représailles israéliennes sur la bande de Gaza, selon les données des autorités palestiniennes locales.


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