Une femme âgée devant les décombres d'un bâtiment à Hadeth, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 9 juin 2025. Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le Liban prépare une réponse réclamant des garanties, et notamment le retrait d'Israël de son territoire, à une demande d'un émissaire américain de s'engager formellement à désarmer le Hezbollah pro-iranien, a indiqué lundi à l'AFP un responsable libanais. Selon ce responsable qui a requis l'anonymat, Thomas Barrack, ambassadeur des Etats-Unis en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie, a transmis cette demande aux responsables libanais lors de sa visite à Beyrouth le 19 juin.
Depuis la fin de la guerre entre Israël et le Hezbollah fin novembre 2024, les autorités libanaises affirment démanteler l'infrastructure militaire de la formation pro-iranienne dans le sud. Mais Israël continue à mener de frappes sur des objectifs liés au Hezbollah, et reproche au pouvoir libanais de ne pas en faire assez pour le désarmer.
L'émissaire américain, qui a demandé un engagement formel stipulant que seul l'Etat détienne le monopole des armes, est attendu à nouveau dans la capitale libanaise d'ici la mi-juillet, a indiqué le responsable libanais. « Le chef de l'Etat Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri », allié du Hezbollah, « préparent une réponse », a ajouté le responsable. « Ils doivent notamment demander un arrêt des violations israéliennes du cessez-le-feu, le retrait israélien du sud du Liban, la libération des prisonniers et la démarcation de la frontière », selon la même source. L'émissaire américain a également demandé dans sa lettre en trois points que le Liban oeuvre à sécuriser sa frontière avec la Syrie et entame des réformes économiques réclamées par la communauté internationale.
L'accord de cessez-le-feu stipule que le Hezbollah retire ses forces et démantèle toute infrastructure militaire au sud du fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière israélienne. Mais il repose sur une résolution de l'ONU prévoyant le désarmement des milices sur l'ensemble du territoire libanais. Israël devait pour sa part, selon l'accord, retirer ses forces du sol libanais mais maintient cinq positions frontalières qu'il juge « stratégiques » et détient des prisonniers libanais.
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a affirmé lundi qu'Israël était « intéressé » par une normalisation de ses relations avec la Syrie et le Liban, avec lesquels il est toujours en état de guerre. Les deux pays n'ont pas donné suite à cette déclaration. Selon le responsable libanais, l'émissaire américain n'a pas évoqué de normalisation avec Israël parmi ses demandes.


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