La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen, participe à la convention d'unité nationale entre le Rassemblement national (RN) et l'Union des droites pour la République (UDR), à l'Assemblée nationale à Paris, le 28 juin 2025. Photo Julie SEBADELHA / AFP
La cheffe de l'extrême droite française Marine Le Pen a appelé samedi les parlementaires de son parti, le Rassemblement national, à se préparer à une possible dissolution de l'Assemblée nationale en réponse « à l'affaissement parlementaire » du gouvernement.
« Il serait assez dangereux, je crois, de se convaincre qu'il n'y aura pas de dissolution », a lancé la cheffe de file du RN, en ouvrant à l'Assemblée une « convention de l'Union nationale », réunissant des parlementaires nationaux et européens de l'alliance RN-UDR, presque un an jour pour jour après le premier tour des dernières législatives.
Brandissant « l'affaissement parlementaire » du binôme exécutif - le président Emmanuel Macron et le Premier ministre François Bayrou -, la patronne de l'extrême droite a estimé que le camp présidentiel ne pouvait « pas longtemps laisser ce phénomène de délitement se prolonger ».
« Alors Emmanuel Macron peut être tenté de dissoudre », a ajouté Mme Le Pen, qui à ce stade serait empêchée de concourir aux législatives en attendant son procès en appel dans l'affaire des assistants d'eurodéputés FN, pour laquelle elle a été condamnée en première instance à une peine d'inéligibilité immédiate.
Évoquant une « possibilité, pas une probabilité », à l'approche de la date du 8 juillet à laquelle Emmanuel Macron récupèrera son pouvoir de dissolution, elle a prévenu que « l'histoire ne repassera pas les plats: s'il y a une dissolution (...) nous devons l'emporter », a-t-elle dit.
Après la dissolution surprise décidée par Emmanuel Macron en juin 2024, l'extrême droite a échoué à remporter les législatives face au « front républicain » entre gauche et droite traditionnelle. Néanmoins, le RN a réalisé une percée historique avec 89 députés élus, ce qui le place en position d'arbitre dans une Assemblée fracturée en trois blocs.
En décembre 2024, Marine Le Pen, après avoir fait monter les enchères pendant plusieurs jours, a décidé de faire chuter le gouvernement de Michel Barnier en votant une motion de censure présentée par la gauche.
Le RN a annoncé qu'il ne voterait pas la semaine prochaine la motion de censure déposée par les socialistes sur la réforme critiquée des retraites. Mais il a donné « rendez-vous » à François Bayrou pour l'examen à l'automne des budgets de la sécurité sociale et de l'Etat.


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin