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Moyen-Orient - Dans La Presse

Washington développe une base en Arabie près de la mer Rouge pour contrer l’Iran, selon le « New York Times »

Les jalons avaient été posés en 2022, mais les constructions se sont accélérées dès l’année dernière pour assurer d’abord un soutien logistique en cas de conflit.

Washington développe une base en Arabie près de la mer Rouge pour contrer l’Iran, selon le « New York Times »

Le président américain Donald Trump peu avant son adresse aux troupes le 15 mai 2025. Brendan Smialowski/AFP

Elle avait été repérée pour la première fois en 2022 sur des images satellites, rappelle le New York Times (NYT). La base américaine Logistical Support Area (LSA) Jenkins, située près du littoral de la mer Rouge, à 30 km de Yanbu, deuxième plus grand port d'Arabie saoudite après celui de Djeddah, se serait néanmoins développée depuis l’année dernière, soulignant déjà l’éventualité d’un conflit prolongé avec l’Iran, affirme le quotidien américain.

En décembre 2023, le campement était encore constitué de quelques tentes, de conteneurs vides et de fil de barbelés isolés, ainsi que de quelques zones pavées et de bunkers abandonnés datant de son ouverture deux ans plus tôt. Des documents gouvernementaux de sous-traitance datant de l’année dernière détaillent néanmoins une augmentation des dépenses américaines en fournitures, véhicules et tentes pour les installations et le personnel sur place, totalisant plus de 3 millions de dollars, affirme le NYT. Des vidéos diffusées en janvier 2025 sur les réseaux sociaux montrent en outre que des détachements d'unités de l'armée américaine responsables de la logistique, y compris le 364e commandement de soutien expéditionnaire, ont été activement impliqués dans la mise en place et le fonctionnement du site, rapporte le quotidien.

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Les images satellite capturées le 18 juin montrent désormais un centre de stockage de munitions, des boîtes blanches correspondant à la couleur, à la taille et à la forme des conteneurs de missiles navals empilés en rangées soignées de six, ainsi que des sites en construction, laissant penser à un développement complet à venir. Selon une présentation faite durant une conférence d'ingénierie militaire plus tôt cette année, les plans pour le site consisteraient à étendre l’installation, notamment avec des extensions à apporter à un aéroport à proximité, de davantage de stockage de munitions, ainsi que des zones de maintenance et de lavage de véhicules, et un lieu de vie pour le « moral, le bien-être et les loisirs » des troupes, mentionne le NYT.


Avantages et inconvénients

Mais à quoi doit donc servir cette base ? Selon le journal, elle a été développée durant ces dernières années en prévision d’une potentielle escalade entre les États-Unis et l’Iran, afin de diversifier et sécuriser les lignes logistiques américaines. « L'objectif initial était de tenter de déployer une partie de l'infrastructure militaire américaine hors de portée des missiles et des drones iraniens », a déclaré au NYT Brian Carter, chargé du Moyen-Orient à l'American Enterprise Institute. Pour cibler des bases éloignées comme la LSA Jenkins, située du côté de la mer Rouge, Téhéran devrait utiliser des missiles balistiques de moyenne portée, moins précis et moins fiables, a expliqué au journal Decker Eveleth, analyste au Centre d'analyses navales. De quoi augmenter les risques de brouille diplomatique avec l’Arabie saoudite, avec laquelle l’Iran a signé un accord de normalisation en mars 2023 sous l’égide de la Chine, bien que la durée de vol des missiles laisserait dans ce cas plus de temps aux défenses aériennes pour les intercepter et aux troupes pour se protéger.

Carte du Moyen-Orient montrant les principales bases militaires et infrastructures où se trouve du personnel américain. Valentina Breschi/AFP)

Si Brian Carter affirme que l’infrastructure pourrait soutenir d'autres campagnes militaires que l'Iran, comme la lutte contre les houthis au Yémen, contre lesquels les États-Unis ont mené une campagne intensive de bombardements entre le 15 mars et le 6 mai, la base est plus exposée aux attaques possibles des rebelles yéménites, Sanaa étant située à 1 166 km. Alors qu’elle pourrait devenir un « hub logistique important », selon le journal, la base pourrait en tout cas servir à ravitailler des avant-postes en Syrie et en Irak comme des bases bien établies disposant d’avions et de navires de guerre.

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Les bases américaines au Moyen-Orient

Depuis 2021, le département américain de la Défense a manifesté son intérêt pour développer plus de bases dans la région, et particulièrement en Arabie saoudite. « Le golfe Arabique deviendrait des eaux contestées en cas de conflit armé avec l'Iran. Il faut donc réfléchir aux endroits où déplacer vos forces lorsqu'elles entrent sur la scène d'opérations par le fait qu’elles se trouvent dans une zone contestée », avait déclaré en 2021 Frank McKenzie, général de l’armée américaine, au journal Defense One. De plus, Riyad et Washington, notamment depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, maintiennent des relations très proches. Mercredi 25 juin, l’envoyé spécial de Washington en Syrie, Thomas Barrack, s’était rendu dans la capitale saoudienne pour y rencontrer le ministre des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhane. Il a notamment été question d’étendre les accords d’Abraham de normalisation avec Israël. Un objectif de politique étrangère du président américain, que le royaume avait auparavant conditionné entre autres à un pacte sécuritaire avec les États-Unis.

Elle avait été repérée pour la première fois en 2022 sur des images satellites, rappelle le New York Times (NYT). La base américaine Logistical Support Area (LSA) Jenkins, située près du littoral de la mer Rouge, à 30 km de Yanbu, deuxième plus grand port d'Arabie saoudite après celui de Djeddah, se serait néanmoins développée depuis l’année dernière, soulignant déjà l’éventualité d’un conflit prolongé avec l’Iran, affirme le quotidien américain.En décembre 2023, le campement était encore constitué de quelques tentes, de conteneurs vides et de fil de barbelés isolés, ainsi que de quelques zones pavées et de bunkers abandonnés datant de son ouverture deux ans plus tôt. Des documents gouvernementaux de sous-traitance datant de l’année dernière détaillent néanmoins une augmentation des dépenses...
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