Le mufti de la République, Abdellatif Deriane. Photo Ani
Le mufti de la République, Abdellatif Deriane, a rejeté jeudi « toute marginalisation ou exclusion des sunnites », la qualifiant d' « inacceptable », alors que les élections municipales à Beyrouth ont engendré un déséquilibre dans la répartition traditionnelle paritaire entre chrétiens et musulmans dans la ville.
Le principe de parité islamo-chrétienne n’a pas été respecté au sein de la municipalité de Beyrouth pour la première fois depuis 1998 : 13 des 24 conseillers municipaux élus sont musulmans (9 sunnites, 3 chiites et un druze), contre 11 chrétiens. Depuis le retrait de la vie politique, en janvier 2022, de Saad Hariri, fils de l'ancien Premier ministre assassiné, Rafic Hariri, la communauté sunnite peine d'ailleurs à parler d'une seule voix.
« Il ne peut y avoir d'État au Liban sans les musulmans et les chrétiens dans leurs droits et leurs devoirs, toutes communautés confondues », a souligné le mufti Deriane depuis la mosquée Mohammad al-Amine, au centre-ville de Beyrouth, à l'occasion d’une célébration du retour des pèlerins de la Mecque qui y était organisée. « Toute marginalisation ou exclusion des musulmans sunnites est inacceptable », a-t-il affirmé. Nous nous y opposons et nous sommes à l’affût », a-t-il martelé, appelant les autorités à « appliquer le discours de prestation de serment du président Joseph Aoun et la déclaration ministérielle », et à se pencher sur le sort des Beyrouthins.
« Dar el-Fatwa maintiendra ses positions fermes malgré les circonstances. Nous sommes parfois réticents à élever la voix, mais nous abordons par d’autres moyens les questions qui préoccupent notre société », a encore souligné l’autorité supérieure sunnite en présence d’un parterre de dignitaires locaux et de représentants des familles beyrouthines.
Saluant l’élection du président Joseph Aoun et la formation du gouvernement dirigé par Nawaf Salam, le mufti Deriane a réclamé « des réalisations ». « Nous voulons que se réalisent les promesses du discours de serment et la déclaration ministérielle. Nous voulons sentir que nous, les Libanais, vivons dans un Etat d'institutions et de droit », a-t-il insisté.
Ses propos interviennent après la guerre meurtrière entre le Hezbollah et Israël. Alors que la déclaration ministérielle a promis de s’attaquer aux armes illégales dans le pays, celles du Hezbollah et des camps palestiniens, notamment, et de donner aux forces légales le monopole des armes, la mise en oeuvre de cette décision semble être sans cesse retardée, face à la grande réticence du Hezbollah et des factions palestiniennes.


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