Photo d'illustration : un slogan « Libérez Cécile » dessiné dans un champ près de la ville de Soultz-Haut-Rhin, dans l'est de la France, le 18 juin 2025. Photo Sebastien Bozon /AFP
Pierre Cochard a été nommé ambassadeur de France en Iran, une nomination publiée au Journal officiel jeudi, près d'une semaine après le déclenchement de frappes d'Israël contre la République islamique d'Iran. Le diplomate, qui était en poste à Belgrade depuis novembre 2021, prend ses fonctions à Téhéran au moment où la France s'efforce avec le Royaume Uni et l'Allemagne de pousser une résolution pacifique à la délicate question du programme nucléaire iranien.
L'armée israélienne mène depuis vendredi des frappes sans précédent sur l'Iran avec l'objectif affiché d'empêcher Téhéran d'obtenir la bombe atomique. Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux, ainsi qu'Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, accusent depuis longtemps la République islamique d'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique, ce qu'elle a toujours nié.
Pierre Cochard devra en outre reprendre le dossier des « otages d'Etat » qui empoisonne les relations franco-iraniennes depuis trois ans.
Cécile Kohler, enseignante, et son compagnon, Jacques Paris, ont été arrêtés en mai 2022 pour « espionnage » et sont emprisonnés depuis dans des conditions extrêmement dures, à l'isolement, dans la prison d'Evin de Téhéran. Les autorités françaises n'ont cessé de dénoncer ces arrestations et ces détentions qu'elles jugent « arbitraires », qualifiant ces prisonniers « d'otages d'Etat ». Cécile Kohler et Jacques Paris sont officiellement les deux derniers Français détenus en Iran. Olivier Grondeau, qui était détenu depuis octobre 2022, avait été libéré en mars. Quelque 900 ressortissants français ou binationaux sont en Iran actuellement, selon une source diplomatique.
Par le passé, Pierre Cochard avait notamment occupé les postes de Consul général de France à Jérusalem et de sous-directeur de l'Europe orientale. Parlant le persan, il avait déjà été en poste à Téhéran de 1994 à 1997.
Il remplace Nicolas Roche qui avait été nommé début mars à la tête du Secrétariat général à la défense et la sécurité nationale (SGDSN), organisme chargé des plans de lutte contre le terrorisme, contre la désinformation ou les cyberattaques.


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