Le ministre de la Défense Michel Menassa (à gauche) et le commandant de la Finul, le général de division Aroldo Lázaro. Photo fournie par Mountasser Abdallah/L'Orient-Le Jour
Le ministère de la Défense et la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) ont signé mardi un protocole d'accord, avec la participation et le soutien du gouvernement français. Le document prévoit une donation destinée à approvisionner l'armée libanaise en carburant et en nourriture, des ressources essentielles dans le contexte des difficultés économiques du pays. La cérémonie de signature a eu lieu au siège du ministère à Yarzé (Mont-Liban), par le ministre Michel Menassa et le chef de mission et commandant de la Finul, le général Aroldo Lázaro.
M. Menassa a exprimé sa gratitude à la France pour « son soutien constant au Liban et à ses forces armées ». Il a loué les commandants de la Finul pour leurs « efforts et sacrifices inlassables en vue de préserver la stabilité au Liban-Sud et de renforcer la coordination avec l'armée libanaise ». Il a souligné l'importance cruciale de la mission de la Finul, exprimant l'espoir que son mandat sera renouvelé en août « sans aucun obstacle ».
M. Menassa a qualifié ce don d' « important pour deux raisons : premièrement en raison de son caractère vital dans un contexte économique difficile, deuxièmement parce qu'il témoigne de la compréhension de nos amis envers les besoins de l'armée libanaise et les conditions dans lesquelles elle opère ». « La France a prouvé qu'elle était un partenaire sincère et fiable, qui comprend la spécificité du contexte libanais et reconnaît les défis auxquels l'armée est confrontée. Cette initiative unique, menée en coopération avec la Finul, en est la preuve évidente », a-t-il poursuivi.
Le ministre a également noté que « le soutien direct aux unités de l'armée déployées dans le Sud aidera l'institution militaire à remplir son devoir national et renforcera l'engagement du Liban à mettre en œuvre la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU et à maintenir la cessation des hostilités ».
La signature de ce protocole a lieu dans un contexte de tensions croissantes au Liban-Sud. Mardi matin, une altercation a éclaté entre des habitants et une patrouille de la Finul, incitant les forces de maintien de la paix à recourir à des « mesures non létales », notamment des tirs de sommation et l'usage de gaz lacrymogènes, selon les déclarations de la force onusienne.
Les incidents entre les habitants du sud et les Casque bleus se sont multipliés au cours des dernières semaines, malgré l'appel au calme lancé par le président du Parlement Nabih Berry, un allié du Hezbollah. La liberté de mouvement de la Finul sans accompagnement de l'armée libanaise fait l'objet d’une controverse grandissante, notamment sous la pression du Hezbollah.
En vertu de la résolution 1701, la Finul est autorisée à opérer de manière indépendante « dans les zones où ses forces sont déployées ». Elle opère en vertu du chapitre VI de la Charte des Nations unies, qui n'autorise pas le recours à la force pour remplir son mandat. De son côté, l'armée libanaise ne dispose pas d'effectifs suffisants pour accompagner en permanence toutes les patrouilles de la Force internationale.
Ces tensions surviennent avant un vote crucial aux Nations unies prévu en août pour renouveler le mandat des Casques bleus. L'avenir de celui-ci semble incertain, plusieurs articles parus dernièrement dans la presse israélienne suggérant que les États-Unis et Israël pourraient s'opposer à son renouvellement. Une source diplomatique américaine a cependant confié à L'Orient Today que les informations faisant état d'un veto américain étaient « inexactes ».



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