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Dernières Infos - Oman

Nucléaire: Iran et Etats-Unis tiendront de nouveaux pourparlers cette semaine

Affiche iranienne dans le centre de Téhéran, le 15 avril 2024. Photo d'archives Atta Kenare/AFP

L'Iran et les Etats-Unis tiendront cette semaine une nouvelle réunion sur l'épineux dossier du nucléaire iranien, malgré des divergences affichées en public sur la question de l'enrichissement d'uranium.

Les deux pays, autrefois proches alliés mais à couteaux tirés depuis quatre décennies, ont tenu depuis avril cinq cycles de pourparlers sous médiation du sultanat d'Oman.

Ils tentent de s'entendre sur un potentiel accord qui empêcherait l'Iran de se doter de l'arme atomique -- une ambition dont se défend farouchement Téhéran -- en échange d'une levée des sanctions qui paralysent son économie.

Les discussions butent sur la question de l'enrichissement d'uranium.

Les Etats-Unis exigent que l'Iran y renonce totalement, tandis que Téhéran considère cette demande comme non négociable, arguant qu'elle est contraire au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont il est signataire.

Selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Iran est le seul Etat non doté d'armes nucléaires à enrichir de l'uranium à un niveau élevé (60%), bien au-delà de la limite de 3,67% fixée par l'accord multilatéral sur le nucléaire conclu avec l'Iran en 2015 mais dont les Etats-Unis se sont retirés.

Pour fabriquer une bombe, l'enrichissement doit être poussé jusqu'à 90%, d'après l'AIEA.

« Le prochain cycle de négociations indirectes entre l'Iran et les Etats-Unis est prévu pour dimanche prochain à Mascate », capitale d'Oman, a indiqué mardi dans un communiqué la diplomatie iranienne.

Le président américain Donald Trump a lui annoncé que cette réunion aurait lieu jeudi. Oman, médiateur entre les deux pays, n'a pour l'heure pas commenté.

« Beaucoup de patience » 

Le principal négociateur côté iranien, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, « se rendra en Norvège mercredi et jeudi » pour assister au Forum d'Oslo, a ajouté son ministère.

Cet événement réunit depuis 2003 responsables politiques et médiateurs pour tenter de résoudre des conflits et aborder des questions géopolitiques.

L'Iran a indiqué lundi qu'il soumettrait prochainement à son tour une proposition d'accord aux Etats-Unis, après une première initiative américaine critiquée par le pouvoir iranien.

Le texte américain, qui n'a pas été rendu public, ne mentionne pas la question de la levée des sanctions, dont Téhéran fait une priorité, selon le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf.

Mercredi déjà, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait qualifié la proposition américaine de « 100% contraire » aux intérêts de son pays.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a toutefois démenti que les négociations se trouvaient dans une impasse.

« Non, je ne pense pas que le terme +impasse+ soit approprié », a-t-il déclaré dans une interview accordée à l'agence de presse officielle Irna et publiée mardi.

« Toute négociation au niveau international (...) nécessite beaucoup de patience pour parvenir à un résultat », a souligné M. Takht-Ravanchi, un diplomate chevronné.

Informations classifiées 

Ces propos sont tenus au moment où l'AIEA, gendarme onusien du nucléaire, doit passer en revue cette semaine les activités de l'Iran dans ce domaine.

Selon des sources diplomatiques, les Européens et les Etats-Unis ont l'intention de soumettre durant cette réunion une résolution contre l'Iran, avec une menace de renvoi du dossier devant les Nations unies.

Cette mesure donnerait des arguments à ces pays pour déclencher un mécanisme permettant de rétablir des sanctions onusiennes contre l'Iran, une clause prévue dans l'accord sur le nucléaire de 2015.

L'Iran a menacé dimanche de réduire sa coopération avec l'AIEA si une résolution était adoptée.

L'accord de 2015 avait été conclu entre l'Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) plus l'Allemagne.

Mais en 2018, Donald Trump avait retiré unilatéralement son pays de cet accord et rétabli des sanctions américaines contre l'Iran.

Téhéran a dans la foulée fait monter en puissance son programme nucléaire en représailles.

Israël, son ennemi juré, y voit une menace existentielle, et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n'a pas écarté de frapper militairement les installations nucléaires iraniennes.

L'Iran a affirmé lundi qu'il riposterait à toute attaque en ciblant les installations nucléaires d'Israël, pays considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient.

Téhéran a affirmé samedi, sans preuve à l'appui, qu'il disposait de quantités d'informations classifiées sur Israël notamment sur ses sites nucléaires et son programme balistique.


L'Iran et les Etats-Unis tiendront cette semaine une nouvelle réunion sur l'épineux dossier du nucléaire iranien, malgré des divergences affichées en public sur la question de l'enrichissement d'uranium.Les deux pays, autrefois proches alliés mais à couteaux tirés depuis quatre décennies, ont tenu depuis avril cinq cycles de pourparlers sous médiation du sultanat d'Oman.Ils tentent de s'entendre sur un potentiel accord qui empêcherait l'Iran de se doter de l'arme atomique -- une ambition dont se défend farouchement Téhéran -- en échange d'une levée des sanctions qui paralysent son économie.Les discussions butent sur la question de l'enrichissement d'uranium.Les Etats-Unis exigent que l'Iran y renonce totalement, tandis que Téhéran considère cette demande comme non négociable, arguant qu'elle est...