Le mufti jaafarite, cheikh Ahmad Kabalan. Photo ANI
Le mufti jaafarite, cheikh Ahmad Kabalan, a déclaré que « ce dont nous avons besoin, c’est d’une initiative nationale exceptionnellement efficace pour sauver le Liban de la sauvagerie confessionnelle et de l’état de cloisonnement politique », dans un communiqué relayé dimanche par l’Agence nationale d’information (ANI, officielle).
Le dignitaire religieux a poursuivi : « Il ne peut y avoir de projet national sans une loi électorale qui abolit les penchants confessionnels et les zones politiques enracinées qui continuent de tirer le Liban vers l’échec étatique. La seule solution est une loi électorale trans-confessionnelle, soutenue par un public national non confessionnel. Promouvoir une culture de citoyenneté requiert des médias nationaux qui ne ressemblent en rien aux médias actuels, noyés dans des financements régionaux et internationaux illicites. »
Le Liban est confronté à une grave crise financière depuis 2019, ayant conduit à la dépréciation de sa monnaie, à une pauvreté généralisée et à l’effondrement des services publics de base. Les efforts pour former des gouvernements stables et mettre en œuvre des réformes ont été régulièrement bloqués, en grande partie à cause du système de partage confessionnel du pouvoir et des luttes politiques internes.
« Les lois doivent être renforcées pour présenter l’État comme un pouvoir national face aux penchants confessionnels et personnels. Cela nécessite un système électoral non confessionnel, des politiques gouvernementales hautement neutres, une justice indépendante et des services publics couvrant la santé, l’éducation, la retraite et le chômage, le tout dans un cadre impliquant les citoyens dans la prise de décision locale », a conclu le mufti, qui est un habitué des prises de position alignées sur le Hezbollah et le mouvement chiite Amal.
Le système politique actuel repose sur un partage du pouvoir entre communautés religieuses, engendrant souvent des réseaux clientélistes, une paralysie institutionnelle et un manque de reddition de comptes.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, a effectué cette semaine une visite officielle au Liban au cours de laquelle il a exprimé la volonté de Téhéran de financer les efforts de reconstruction. Sa visite a coïncidé avec celle d’une délégation du Fonds monétaire international (FMI) à Beyrouth.
Peu après le départ de la délégation iranienne, le 5 juin, des frappes israéliennes ont visé des positions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, marquant l’une des escalades les plus importantes depuis le cessez-le-feu de novembre 2024. L’armée israélienne a affirmé avoir ciblé des installations souterraines de production de drones, supposément opérées par le Hezbollah avec un soutien iranien.
Avant ces frappes, Israël avait émis des ordres d’évacuation à l’adresse des habitants de quartiers comme Hadath, Haret Hreik et Bourj el-Brajneh, provoquant une panique généralisée et des déplacements massifs. Malgré ces avertissements, les autorités libanaises ont indiqué qu’aucun matériel militaire n’avait été retrouvé sur les sites visés, et que l’armée libanaise avait tenté d’empêcher les frappes, sans succès face aux tirs d’avertissement israéliens. Le président libanais Joseph Aoun a condamné ces frappes, les qualifiant de violations du cessez-le-feu négocié par les États-Unis en novembre 2024.


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