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Monde - Dans La Presse

L'Université du Michigan fait appel à des enquêteurs pour surveiller des étudiants pro-palestiniens, selon The Guardian

L'institution universitaire a affirmé n'avoir reçu aucune plainte concernant les enquêteurs, sans toutefois nier avoir mené des opérations de surveillance.

L'Université du Michigan aux États-Unis. Photo tirée du site de l'université

L'Université du Michigan fait appel à « des enquêteurs privés sous couverture pour surveiller les groupes pro-palestiniens sur le campus, en les suivant à l'intérieur et à l'extérieur de l'université, en enregistrant secrètement et écoutant leurs conversations », a rapporté The Guardian samedi.

Selon cinq étudiants qui ont affirmé avoir été suivis, enregistrés ou écoutés, les efforts de surveillance semblent principalement destinés à intimider. Ils affirment que les enquêteurs en civil les ont injuriés, menacés et, dans un cas, ont même foncé en voiture en direction d'un étudiant, l'obligeant à s'écarter brusquement.

Ces affirmations sont étayées par des témoignages d'étudiants et des preuves vidéo communiquées au Guardian. Les étudiants ont déclaré qu'ils avaient souvent reconnu et affronté les agents infiltrés. Lors d'un incident particulièrement étrange filmé en vidéo, un homme qui suivait un étudiant a prétendu avoir un handicap et a accusé bruyamment - et faussement - l'étudiant d'avoir tenté de le voler.

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Aucune plainte reçue par l'université

Des étudiants ont également affirmé au Guardian qu'ils avaient suivi des dizaines d'enquêteurs qui les filaient sur le campus et dans toute la ville d'Ann Arbor. Ces enquêteurs opèrent souvent en équipe et se sont parfois assis à des tables voisines dans des cafés et des bars pour écouter les conversations. Leurs affirmations sont étayées par des vidéos examinées par The Guardian - dont certaines ont été enregistrées par des étudiants capturant ceux qui les suivaient, ainsi que par des images de caméras corporelles de la police - ainsi que par des témoignages concordants de plusieurs étudiants surveillés. 

Dans un communiqué, l'Université du Michigan -réputée comme l’une des meilleures universités publiques des États-Unis- a indiqué qu'elle n'avait reçu aucune plainte concernant les enquêteurs. Elle n'a toutefois  pas nié avoir mené des opérations de surveillance.

L'université a entretenu des relations antagonistes avec les groupes pro-palestiniens du campus, qui ont organisé des manifestations, exigé que l'université se désengage des entreprises israéliennes et organisé un campement en 2024, a rapporté The Guardian.

Elle a aussi pris la décision inhabituelle de recruter Dana Nessel, procureure générale démocrate du Michigan pour poursuivre les étudiants accusés d'avoir commis des délits lors des manifestations de 2024, au lieu de laisser les procureurs locaux s'occuper de ces affaires comme c'est habituellement le cas. The Guardian avait précédemment détaillé les liens personnels, financiers et politiques étroits que les régents entretiennent avec Mme Nessel.

Les documents des régents et les rapports des médias montrent qu'au moins 3 millions de dollars ont été dépensés par l'université pour la sécurité et pour des consultants en enseignement supérieur en réponse à l'activité étudiante sur le campus. Les preuves recueillies par les enquêteurs infiltrés ont également été utilisées par l'administration de l'université lors d'audiences disciplinaires internes. L'administration ne peut pas engager de poursuites contre les étudiants - seuls les autres étudiants ou le personnel peuvent le faire - et a donc dépensé 1,5 million de dollars pour deux consultants engagés pour engager des actions disciplinaires internes, selon quatre avocats et des étudiants qui ont suivi la procédure.

Un étudiant savait qu'il était suivi

L'été dernier, un étudiant musulman, Josiah Walker, a déclaré au Guardian qu'il « savait qu'il était suivi ». Il ne cessait de surprendre des gens qui l'enregistraient furtivement avec leur téléphone, si bien qu'après quelques rencontres, il a dit qu'il avait « contre-surveillé ». « Dans le parking d'une université, Walker a commencé à filmer plusieurs personnes dans des voitures qui l'avaient filmé. Une voiture a foncé en direction de Walker, qui a dû s'écarter pour éviter d'être percuté », indique The Guardian. Il a appris par la suite qu'il ne s'agissait pas d'un groupe aléatoire, mais probablement d'enquêteurs sous couverture.

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Les étudiants affirment que Walker a été l'un des plus surveillés, pour des raisons qui ne sont pas claires. Il a dénombré 30 personnes différentes qui le suivaient avant de cesser d'en tenir le compte en 2024, et a précisé qu'elles se garaient même régulièrement devant une supérette hors campus qu'il fréquente.

L'université Harvard a été au premier plan de la campagne de Donald Trump contre les grandes universités après avoir défié ses appels à se soumettre à la surveillance de son programme d'études, de son personnel, du recrutement des étudiants et de la « diversité des points de vue ». Le président américain a également pointé du doigt les étudiants étrangers à Harvard, qui représentaient 27 % du total des inscriptions pour l'année universitaire 2024-2025 et constituent une source importante de revenus.

Dans son dossier, Harvard a reconnu que le président américain avait le pouvoir d'interdire l'accès à toute une catégorie d'étrangers s'il le jugeait d'intérêt public, mais il a souligné que ce n'était pas le cas dans cette action.

L'Université du Michigan fait appel à « des enquêteurs privés sous couverture pour surveiller les groupes pro-palestiniens sur le campus, en les suivant à l'intérieur et à l'extérieur de l'université, en enregistrant secrètement et écoutant leurs conversations », a rapporté The Guardian samedi.Selon cinq étudiants qui ont affirmé avoir été suivis, enregistrés ou écoutés, les efforts de surveillance semblent principalement destinés à intimider. Ils affirment que les enquêteurs en civil les ont injuriés, menacés et, dans un cas, ont même foncé en voiture en direction d'un étudiant, l'obligeant à s'écarter brusquement.Ces affirmations sont étayées par des témoignages d'étudiants et des preuves vidéo communiquées au Guardian. Les étudiants ont déclaré qu'ils avaient souvent reconnu et affronté...
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