Des participants défilent lors de la parade annuelle de la fierté à Jérusalem, au centre-ville, le 5 juin 2025. Photo AFP/ Ahmad Gharabli.
De grands drapeaux arc-en-ciel ont envahi des rues de Jérusalem, et à bien y regarder, beaucoup ont une étoile de David, derrière les rayures multicolores: dans une ambiance bon enfant, des milliers de personnes ont rejoint la marche des fiertés dans cette ville conservatrice.
Ils défilent sous haute surveillance policière, dix ans après le meurtre d'une adolescente, tuée par un juif extrémiste alors qu'elle participait à cette manifestation, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Le 30 juillet 2015, Shira Banki, 15 ans, avait été poignardée à mort pendant le défilé par un homme religieux, qui avait également blessé six autres personnes. La police a donc été largement déployée pour les éditions suivantes.
L'assaillant avait été libéré de prison quelques semaines avant cette attaque, après avoir purgé une peine pour avoir déjà blessé trois personnes lors de la marche des fiertés de 2005. Il a été condamné à la prison à vie.
Pour la première fois, le président d'Israël, Isaac Herzog, a participé à cette marche des fiertés.
Accompagné par son épouse, il s'est rendu sur les lieux de l'assassinat, et a rendu hommage aux parents de l'adolescente, qui ont fondé une association prônant le dialogue.
« J'appelle tout le peuple d'Israël à faire preuve de retenue, d'amour et de compassion », a déclaré M. Herzog, « nous sommes tous destinés à vivre ensemble – c'est notre mission, et peut-être aussi le message de notre chère Shira ».
De nombreuses figures de l'opposition ont rejoint le cortège, notamment le centriste Yaïr Lapid.
« Nous sommes l'espoir », pouvait-on lire sur une pancarte, tandis que de nombreux manifestants arboraient le ruban jaune, symbole de soutien aux personnes prises en otages en Israël lors de l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre, et dont 55 sont encore retenues dans la bande de Gaza.
Une empoignade a opposé la police à des participants affichant également des signes anti-guerre, selon des militants sur place.
Des membres du corps diplomatiques, en particulier les ambassadeurs de France et d'Allemagne, participaient également au défilé.
Jérusalem organise cette célébration annuelle des droits LGBT+ depuis 2002, qui s'accompagne souvent de protestations de groupes d'extrême-droite.
Plusieurs dizaines de manifestants contre la marche s'étaient rassemblés le long du parcours, a constaté un journaliste de l'AFP.

