Drapeau de la Confédération helvétique. Photo AFP
Le ministère suisse de la Défense a ouvert une enquête administrative sur la fuite d'informations du Service de renseignement de la confédération (SRC) au profit du renseignement militaire russe, le GRU, indique mercredi l'agence de presse Keystone-ATS.
Le ministère réagit à des révélations de la chaîne de télévision publique germanophone SRF, qui se base sur un rapport interne des services de renseignement helvétiques dont un officier en charge de l'équipe cyber aurait « transmis des informations très sensibles à la société russe de cybersécurité Kaspersky », avant qu'elles ne finissent aux main du GRU.
Selon cette enquête ce sont deux services amis avec lesquelles la Suisse travaille étroitement qui ont alerté les responsables du SRC de fuites vers la Russie. Ils ont menacé de « cesser leur coopération avec le SRC si l’employé, dont l'identité n'est pas révélée, continuait à travailler pour le SRC » en raison du danger que ces fuites faisaient courir à leurs propres opérations.
L'affaire s'étend sur plusieurs années de 2014/2015 à au moins fin 2020, selon la SRF. Celui-ci justifiait sa collaboration avec l'entreprise russe par la nécessité d'avoir accès à des outils de cybernétique que le petit service de renseignement helvétique -il a quelques centaines de collaborateurs- ne peut mettre à disposition faute de savoir-faire et de moyens.
Il a finalement quitté le service en 2020, mais là encore le rapport interne souligne des manquements, selon la SRF, notamment l'effacement de données au sein de la cellule cyber.
Pour le ministre de la Défense Martin Pfister, un service de renseignement fiable est d'une importance capitale pour la protection et la sécurité de la Suisse, « surtout dans la situation mondiale actuelle marquée par l'insécurité », a indiqué mercredi le département fédéral de la Défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), interrogé par Keystone-ATS.
M. Pfister a donc lancé une enquête administrative menée par un organe externe et indépendant, qui vérifiera si les mesures prises lors des précédentes enquêtes -y compris au sein du SRC- ont été appliquées.
La collaboration avec Kaspersky est surprenante dans un service de renseignement occidental, nombre de spécialistes estimant que le géant de la cybersécurité a des liens avec les services russes. En 2024, l'administration américaine a même interdit les produits et les services Kaspersky sur le territoire américain. Kaspersky a toujours très fermement démenti une quelconque passerelle entre ses service de cybersécurité et les centrales d'espionnages russes.
Selon le SRC, trois enquêtes ont été menées et achevées concernant les « incidents survenus dans l'ancien domaine Cyber du SRC » entre 2015 et 2020. En 2021, à la suite d'une enquête interne, le SRC a réorganisé le domaine Cyber, précise l'agence Keystone-ATS. Elle a abouti à une nouvelle répartition des tâches, une nouvelle pratique en matière d'acquisition de cyberdonnées, des contrôles renforcés et une nouvelle direction.
Le ministère suisse de la Défense a ouvert une enquête administrative sur la fuite d'informations du Service de renseignement de la confédération (SRC) au profit du renseignement militaire russe, le GRU, indique mercredi l'agence de presse Keystone-ATS.Le ministère réagit à des révélations de la chaîne de télévision publique germanophone SRF, qui se base sur un rapport interne des services de renseignement helvétiques dont un officier en charge de l'équipe cyber aurait « transmis des informations très sensibles à la société russe de cybersécurité Kaspersky », avant qu'elles ne finissent aux main du GRU.Selon cette enquête ce sont deux services amis avec lesquelles la Suisse travaille étroitement qui ont alerté les responsables du SRC de fuites vers la Russie. Ils ont menacé de « cesser leur...


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