Le président du Parlement, Nabih Berry, recevant le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, à Aïn el-Tiné, le 3 juin 2025. Mohammad Yassine/L’Orient-Le Jour
Des relations désormais d’État à État ? Mardi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé à Beyrouth où il a rencontré le président de la République, Joseph Aoun, le Premier ministre, Nawaf Salam, le président du Parlement, Nabih Berry, ainsi que son homologue libanais Joe Raggi. À l’issue de sa rencontre avec le président Aoun en présence de M. Raggi, le ministre iranien a affirmé avoir informé son homologue que ce dernier « pouvait compter sur l’Iran dans ses efforts visant à faire sortir Israël du Liban, et que les entreprises iraniennes étaient prêtes à participer à la reconstruction si le gouvernement libanais le souhaite ».
Et d’ajouter : « L’Iran soutient pleinement l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban et espère des relations fondées sur le respect mutuel et la non-ingérence dans les affaires de l’autre pays. » « Le soutien de l’Iran au Liban s’inscrit dans le cadre des bonnes relations entre les deux pays et le principe de non-ingérence dans la politique intérieure », a-t-il ajouté, soulignant que l’Iran soutient le dialogue national au Liban. Un ton pour le moins surprenant, alors que l’ambassadeur iranien à Beyrouth, Mojtaba Amani, avait été convoqué par M. Raggi pour avoir exprimé l’opposition de Téhéran au désarmement du Hezbollah, à l’heure où l’État libanais est en plein chantier pour récupérer le monopole des armes via un dialogue mené par Baabda avec la milice chiite.
Un accueil pour le moins froid...
Lors de son aparté avec Joe Raggi, le ministre iranien des AE aurait même affirmé que le dossier « du retrait des armes du Hezbollah est une décision libanaise », selon la chaîne d’information saoudienne al-Arabiya qui cite des « sources arabes ». « La discussion a été franche et directe », s’est contenté de souligner le bureau de presse du ministre Raggi dans un communiqué. Les deux hommes ont évoqué les relations bilatérales et leur développement sur la base d’une bonne coopération et d’un respect mutuel de la souveraineté des deux pays.
Ils ont aussi abordé les derniers développements sur les plans régional et local, et particulièrement les négociations en cours concernant le dossier nucléaire iranien. M. Raggi a dans ce cadre assuré que « le Liban compte sur le souci de la République islamique d’Iran pour sa sécurité, sa stabilité et sa paix civile face aux graves défis auxquels il est confronté, notamment la libération par la diplomatie des territoires encore occupés par Israël, la fin des agressions israéliennes, la restauration de l’autorité de l’État libanais sur l’ensemble du territoire, le monopole des armes par l’État ainsi que le soutien des pays amis au gouvernement afin qu’il puisse accomplir sa mission de reconstruction et de développement du Liban ».
Le ministre iranien a pour sa part réitéré les propos qu’il a tenus à son arrivée à l’Aéroport international de Beyrouth – où il n’a été accueilli par aucun officiel – sur « l’ouverture d’une nouvelle page dans les relations entre l’Iran et le Liban sur la base du respect mutuel ». « Nous avons toujours soutenu la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban à toutes les étapes et nous continuons à le faire dans les circonstances difficiles actuelles », avait-il ajouté. Le ministre iranien s’est également concerté avec le Premier ministre Nawaf Salam. Selon le bureau de presse du Premier ministre, M. Araghchi a affiché « la volonté de son pays d’ouvrir une nouvelle page dans les relations avec le Liban, sur la base du respect mutuel et de la non-ingérence ».
Il a aussi souligné « la nécessité de développer et de renforcer les relations commerciales et économiques entre les deux pays et d’œuvrer à l’élimination des obstacles aux investissements et aux échanges commerciaux ». De son côté, le chef du gouvernement a précisé que « le Liban souhaite vivement entretenir des relations bilatérales avec l’Iran sur la base du respect mutuel, de la préservation de la souveraineté et de la garantie de l’indépendance de chaque pays afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans la région ». Selon nos informations, le ministre iranien a exposé à Nawaf Salam les efforts de l’Iran pour améliorer ses relations avec les pays du Golfe, en particulier avec l’Arabie saoudite. Des efforts que le chef du gouvernement a salués. Abbas Araghchi a également été reçu par le président du Parlement Nabih Berry. « Les réunions étaient bonnes et très utiles. Les relations entre l’Iran et le Liban ont toujours été bonnes, et nous tenons à ce qu’elles le restent dans les nouvelles circonstances », a-t-il déclaré à sa sortie de Aïn el-Tiné.
L’hommage à Nasrallah...
Lors de sa visite au mausolée de l’ancien secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah, tué lors d’une frappe aérienne israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth le 27 septembre 2024, le ministre iranien a affirmé : « Le martyr Nasrallah est un héros béni contre l’occupation. Il a consacré sa vie à la lutte contre l’occupation sioniste et a remporté des victoires pour le Liban. » Il a estimé que son « martyre renforcera la résistance » et que son « sang aura un impact encore plus grand ». Le Liban a suspendu pour une durée indéterminée les vols en provenance et vers l’Iran depuis le mois de février dernier, après avoir refusé d’accorder des autorisations d’atterrissage pour deux vols de la compagnie Mahan Air en raison de menaces israéliennes de bombarder l’aéroport de Beyrouth. Le chef de l’État Joseph Aoun avait déclaré en février dernier devant une délégation officielle iranienne, venue à Beyrouth pour les funérailles de Hassan Nasrallah, que le Liban ne voulait plus « des guerres des autres sur son sol ». Parmi les membres de cette délégation, se trouvaient Abbas Araghchi et le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf. Le président avait précisé vouloir « les meilleures relations avec Téhéran, dans l’intérêt des deux pays ».




une theorie intelligente : le refrain iranien entendu avant hier ne serait que confirmer le contraire-de maniere intelligente/subtile : nous avons donne-continueront la le faire - tout notre appui a notre milice, a vous de vs demerder avec elle ....
10 h 38, le 05 juin 2025