Des participants tiennent une banderole « Justice pour Nahel », lors d'une marche commémorative pour un conducteur adolescent abattu par un policier, dans le quartier Pablo Picasso de la banlieue parisienne de Nanterre, le 29 juin 2023. Photo AFP/BERTRAND GUAY
Deux ans après la mort en banlieue parisienne du jeune Nahel, point de départ d'une semaine d'émeutes dévastatrices à travers la France, et symbole des violences policières, deux juges d'instruction ont ordonné que le policier auteur du tir soit jugé aux assises pour meurtre. Nahel, 17 ans, a été tué le 27 juin 2023 d'une balle tirée à bout portant par un policier qui contrôlait le véhicule qu'il conduisait.
Les images du motard tirant à bout portant sur l'adolescent avaient soulevé une immense vague de colère dans le pays, où la mort de jeunes hommes issus de l'immigration aux mains de la police a souvent été le détonateur d'émeutes urbaines. Pendant six nuits consécutives, des villes s'étaient embrasées et des émeutiers avaient ciblé établissements publics et magasins, vandalisés et pillés.
« Rien ne démontre que (le policier) Florian M. était autorisé dans la circonstance à faire usage de son arme, en méconnaissance des principes de proportionnalité et d'absolue nécessité », selon l'ordonnance qu'a pu consulter l'AFP mardi. Un procès pourrait se tenir devant la cour d'assises « au 2e ou au 3e trimestre 2026 », ont précisé le procureur et le président du tribunal de Nanterre dans un communiqué.
Les magistrats ont suivi les réquisitions du parquet. Celles-ci, prononcées début mars, avaient suscité l'indignation du syndicat de police Alliance, qui avait dénoncé « une décision inacceptable ». Les juges ont par ailleurs prononcé un non-lieu pour l'autre fonctionnaire présent lors des faits, jusqu'ici témoin assisté pour complicité de meurtre.
Une première version policière, selon laquelle le jeune homme aurait foncé sur le motard, avait été infirmée par une vidéo amateur diffusée sur les réseaux sociaux.
« Tir légitime »
« Cette ordonnance est à la fois une déception et ce n'est pas une surprise, il aurait fallu que le juge d'instruction soit courageux pour prendre une autre position que celle du parquet », a réagi auprès de l'AFP Me Laurent-Franck Lienard, conseil du policier renvoyé devant les assises.
L'avocat a indiqué qu'il ferait appel « dans la journée » de cette décision. Son client, Florian M., a été incarcéré pendant cinq mois lors de l'instruction, avant d'être remis en liberté sous contrôle judiciaire. « Nous soutenons que le tir était légitime et nous entendons bien le faire juger », a ajouté son conseil. « On est dans l'application de la loi, tout simplement », a pour sa part réagi auprès de l'AFP Me Frank Berton, avocat de la mère de Nahel, qui partage un « sentiment de satisfaction ».
Une reconstitution des faits avait eu lieu le 5 mai 2024, notamment pour établir si le policier auteur du tir était en danger de mort. Après celle-ci, un expert accidentologue « confirmait qu'aucune des versions n'était en totale adéquation avec ses constatations et analyses », selon le réquisitoire du parquet.
Les analyses avaient écarté d'un côté des coups portés à Nahel par les policiers, comme les passagers et certains témoins l'avaient affirmé, mais aussi la mise en danger des fonctionnaires.
En 2023, 36 personnes sont décédées dans le cadre d'une mission de police en France, selon le rapport annuel de l'Inspection générale de la police nationale.
Deux ans après la mort en banlieue parisienne du jeune Nahel, point de départ d'une semaine d'émeutes dévastatrices à travers la France, et symbole des violences policières, deux juges d'instruction ont ordonné que le policier auteur du tir soit jugé aux assises pour meurtre. Nahel, 17 ans, a été tué le 27 juin 2023 d'une balle tirée à bout portant par un policier qui contrôlait le véhicule qu'il conduisait.Les images du motard tirant à bout portant sur l'adolescent avaient soulevé une immense vague de colère dans le pays, où la mort de jeunes hommes issus de l'immigration aux mains de la police a souvent été le détonateur d'émeutes urbaines. Pendant six nuits consécutives, des villes s'étaient embrasées et des émeutiers avaient ciblé établissements publics et magasins, vandalisés et pillés.«...


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin