Des supporters du PSG lors de la cérémonie de remise du trophée au lendemain de la victoire du Paris Saint-Germain (PSG) en Ligue des champions de l'UEFA, au stade du Parc des Princes à Paris, le 1er juin 2025. Photo Franck Fife /AFP
Quatre personnes ont déjà été condamnées lundi et une soixantaine vont comparaître mardi à Paris, après la victoire du Paris SG face à l'Inter Milan en finale de la Ligue des Champions, dont la fête a été assombrie par de nombreux incidents et dégradations à Paris et ailleurs en France.
Les quatre personnes condamnées en comparution immédiate lundi soir à Paris ont écopé de prison avec sursis pour des violences sur des forces de l'ordre, assorties de 500 euros d'amende. Mardi, 62 personnes sont encore présentées à la justice française pour des faits similaires.
La soirée de samedi a été le théâtre de nombreux incidents et violences, majoritairement ciblés dans la capitale française, mais également dans tout le pays, causant la mort de deux personnes et faisant plus de deux cents blessés. Plus de six cents personnes ont été interpellées.
A Dax (sud-ouest), un jeune de 17 ans a été tué à coups de couteau lors d'un rassemblement pour célébrer le sacre du club parisien. Lundi soir, le parquet a indiqué que la victime avait un « contentieux préexistant » avec le suspect principal, qui lui avait volé une casquette.
Ce dernier a été « identifié » et un mandat de recherche a été délivré à son encontre, tandis que « l'enquête se poursuit sous la qualification d'assassinat », a précisé mardi la justice.
Un jeune homme d'une vingtaine d'années a également été tué à Paris alors qu'il circulait à scooter. Percuté par une voiture, il a succombé à ses blessures.
Au cours de la soirée, 22 membres des forces de l'ordre ont également été blessés dont 18 à Paris, selon le ministère de l'Intérieur. Sept sapeurs-pompiers ont été blessés ainsi que 192 personnes.
Après les premières condamnations, mardi, le ministre de la Justice française, Gérald Darmanin, a annoncé souhaiter la suppression du sursis pour « toute agression envers un représentant de l'Etat », pointant des condamnations « plus à la hauteur de la violence que connaît (la France) ».
« Comme je l'ai proposé publiquement, il faut faire évoluer radicalement la loi: supprimer les aménagements de peine obligatoires, supprimer le sursis et mettre en place par la loi une condamnation minimum systématique une fois la culpabilité reconnue », a demandé le ministre mardi.
Le Premier ministre François Bayrou a abondé dans le même sens, plaidant en faveur de « peines minimales » afin, selon lui, de répondre à « l'exaspération » des Français devant ces scènes.
« La première de ces réponses c'est peut-être, le garde des Sceaux l'a proposé, là où, dans la loi, sont inscrites des peines maximales, on puisse inscrire aussi des peines minimales », a affirmé le chef du gouvernement devant l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français.
Et « il faut que l'aggravation des peines liées à des violences en réunion et à des violences préméditées, (...) soit plus nette », a-t-il ajouté, évoquant « l'exaspération de millions de Français qui regardent ces scènes » de violences.
La prise de position du ministre de la Justice avait auparavant fait réagir dans les rangs politiques, notamment dans l'opposition socialiste, dont le Premier secrétaire Olivier Faure a estimé que « la justice a vocation à regarder chaque dossier et non pas (à) gérer en fonction de l'émotion collective ».


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