L'armée libanaise en train de se redéployer sur des positions en périphérie de Aïta el-Chaab (caza de Bint Jbeil). Photo obtenue par le biais de Mountasser Abdallah
L'armée libanaise fait son grand retour à Aïta el-Chaab. Majed Tahini, moukhtar de Aïta el-Chaab (caza de Bint Jbeil), a déclaré lundi à notre correspondant au Sud, Mountasser Abdallah, que la troupe « s’est redéployée dans deux positions militaires situées en périphérie de la localité, qu’elle occupait auparavant avant de les évacuer lors de la guerre ». La première position, appelée Hadab Aïta, se trouve dans la zone d’al-Hadab, à seulement quelques mètres d’une position israélienne, a précisé le moukhtar. La seconde se situe au carrefour du village d’al-Qouzah.
Selon le moukhtar, l’armée s’est également redéployée dans le centre de Aïta el-Chaab. Il a aussi indiqué que la troupe avait retiré le drapeau de la brigade israélienne Golani qui flottait sur le site de Hadab Aïta. En coordination avec la municipalité de Aïta el-Chaab, l’armée a aussi enlevé des remblais de terre et rouvert la route menant aux sites de Hadab Aïta et de Khallet Wardé, a rapporté notre correspondant dans le Sud.
Israël continue d’occuper cinq positions au Liban-Sud malgré le cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 novembre 2024. D’ailleurs, lundi, l’armée israélienne a ouvert le feu à la mitrailleuse depuis l’un de ses sites (Radar) sur les alentours de Chebaa (caza de Hasbaya), selon notre correspondant.
Dimanche, deux personnes avaient été tuées dans des tirs de drone israéliens, à Arnoun (dans le caza de Nabatiyé) et sur la route entre Aïta el-Chaab et Debel. Plus de 170 personnes ont été tuées depuis l'entrée en vigueur de la trêve, dans des frappes et tirs israéliens sur le Liban.
Coopération Finul-armée libanaise
Dans un communiqué publié lundi, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a détaillé les mesures prises « dans le cadre de la coopération avec l'armée libanaise, pour renforcer la stabilité et la sécurité au bénéfice des populations locales du sud du Liban ».
Cette coopération entre la Finul et l’armée libanaise « vise à créer un environnement sûr et sécurisé (« Safe and Secure Environment » – SASE) , non seulement pour les Casques bleus, mais aussi pour les communautés civiles vivant au nord et le long de la ligne bleue », précise la Finul.
« Au cours de la semaine écoulée, le secteur ouest de la Finul, en étroite collaboration avec l’armée libanaise, a mené plusieurs opérations sur le terrain. Ces actions avaient pour objectifs d’aider les familles affectées, de faciliter la reprise des activités économiques et d’accompagner l’armée dans des missions essentielles pour la population », précise le communiqué.
Parmi les opérations réalisées, la Finul a assisté l’armée dans « le déblaiement des débris à Tayr Harfa », où le bataillon italien a assuré la sécurité du site durant les travaux. Elle a également aidé au transport de matériel depuis une ferme avicole locale vers Tyr, contribuant ainsi à la reprise de la production. À Yaroun, la Finul a accompagné l’armée dans le nettoyage d’un site d’élevage pour soutenir la relance économique.
Le bataillon ghanéen a quant à lui veillé à « la sécurité des civils pendant des travaux de construction à Boustane ». Dans la région de Ramiyé, les patrouilles conjointes ont aidé les agriculteurs à labourer, nettoyer et planter leurs terres en toute sécurité. Par ailleurs, une canalisation a été installée à Richa pour relier une citerne endommagée à un bassin de l’armée, améliorant l’accès à l’eau pour les habitants.
La Finul a aussi appuyé « le déblaiement d’une fosse sanitaire à Oum al-Tout, ce qui a contribué à améliorer les conditions sanitaires locales », et a assuré la protection des agriculteurs travaillant dans les champs de Salha et Ramiyé. Enfin, elle a aidé à documenter les dégâts d’une école détruite à Aïta el-Chaab, assurant la sécurité lors des inspections.
Ces actions reflètent « l’engagement commun de la Finul et de l’armée libanaise pour améliorer les conditions de vie des populations locales et stabiliser la région. En travaillant ensemble, ils renforcent leur rôle dans l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU et dans la confiance entre les communautés », conclut le communiqué.
Créée en 1978 pour surveiller le retrait des forces israéliennes après leur invasion du Liban, la Finul est principalement présente dans le sud du pays. Des tensions surviennent régulièrement entre ses patrouilles et les habitants locaux, majoritairement partisans du Hezbollah. La résolution 1701 de l'ONU a considérablement accru le rôle de la Finul et précisé le cadre de son action. L'article 12 mentionne que le « gouvernement libanais (...) autorise la Finul à prendre toutes les mesures nécessaires dans les secteurs où ses forces sont déployées ».
La résolution 1701, adoptée pour mettre fin à la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël, constitue « le cadre du cessez-le-feu en vigueur depuis le 27 novembre 2024 ». Elle a renforcé le rôle de la Finul et défini son champ d’action, autorisant notamment « la Finul à prendre toutes les mesures nécessaires dans les zones où elle est déployée ».




J’ai lu “une fois que les habitants” il n’y a pas de nuance dans ce propos (et dans d’autres commentaires exactement). Critiquez le Hezbollah est votre droit (et le mien également) mais veillez à ne pas inclure toute une communauté comme cela vous démange de le faire, trop souvent. Cordialement
16 h 06, le 03 juin 2025