Des ouvriers travaillant à la maintenance de la Fontaine de Dubaï, le 9 mai 2025. Photo Giuseppe CACACE / AFP
Human Rights Watch (HRW) a mis en garde dimanche les États du Golfe contre les risques encourus par les travailleurs migrants de la région, confrontés à des températures extrêmes en l'absence de protections adéquates.
« Chaque été montre que la crise climatique aggrave la catastrophe en matière de santé et de sécurité au travail pour des millions de travailleurs migrants dangereusement exposés à la chaleur extrême », a déclaré Michael Page, directeur adjoint pour le Moyen-Orient de l'ONG basée à New York. « Parce que les États du Golfe tardent à mettre en place des protections du travail fondées sur des données scientifiques, des travailleurs migrants meurent inutilement, subissent des insuffisances rénales ou souffrent d'autres maladies chroniques », a-t-il ajouté.
Le mois dernier, les Émirats arabes unis ont battu deux jours de suite leur record de température pour un mois de mai, atteignant 51,6 degrés Celsius. Les Émirats, l'Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït sont situés dans une des régions les plus chaudes de la planète, où les températures estivales avoisinent régulièrement les 50 degrés Celsius, et sont particulièrement vulnérables au changement climatique. Ces pays interdisent le travail en plein soleil et à l'extérieur pendant les heures les plus chaudes, entre la mi-juin et la mi-septembre, dans le cadre d'une politique ancienne dite de « pause de midi ».
Mais HRW souligne que « les conditions de chaleur extrême surviennent désormais plus souvent et plus tôt, dès le mois de mai », avant l'entrée en vigueur de cette pause. Un électricien basé au Koweït, interrogé par l'organisation, raconte avoir ressenti « des étourdissements, des vomissements, des maux de tête et une vision floue à de nombreuses reprises » pendant l'été.
HRW appelle les autorités et les entreprises à abandonner les règles basées sur le calendrier au profit de mesures fondées sur l'évaluation des risques liés au stress thermique au travail. Selon un rapport publié en 2024 par l’Organisation internationale du travail (OIT), une agence de l'ONU, les travailleurs en extérieur des pays arabes figurent parmi les plus exposés au stress thermique au monde, avec 83,6% d’entre eux concernés par une chaleur excessive dans le cadre de leur emploi.


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