Des Casques bleus espagnols à Marjeyoun, au Liban-Sud, le 8 octobre 2024. Photo d’illustration AFP
Une patrouille de la Force intérimaire de l’ONU au Liban (Finul) a été interceptée par un groupe d’habitants de Yater, au Liban-Sud, qui ont accusé les Casques bleus d’avoir pointé leurs armes, selon des informations de notre correspondant dans la région Mountasser Abdallah, obtenues auprès des riverains. Contactée par L’Orient-Le Jour, la force onusienne a confirmé qu’une de ses patrouilles a été « arrêtée par un groupe de civils », démentant toutefois avoir eu recours aux armes. « Ce matin, des Casques bleus de la Finul, en patrouille coordonnée avec les FAL (Forces armées libanaises), ont été arrêtés par un groupe de civils à Yater », a indiqué à notre publication le porte-parole de la force, Andrea Tenenti. « La situation était calme, et les Casques bleus ont pu reprendre leur route une trentaine de minutes plus tard. » Il a démenti les informations selon lesquelles les soldats de la paix auraient « sorti leurs armes ». Le rôle des Casques bleus dans le Sud s’est amplifié depuis que l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah a imposé à ce dernier de retirer tous ses combattants et son infrastructure militaire de la zone située au sud du fleuve Litani. Le porte-parole a en outre rappelé que le mandat de la Finul est défini par le Conseil de sécurité de l’ONU, et que toutes ses activités sont coordonnées avec l’armée libanaise, bien qu’elle ait la liberté de circuler dans sa zone d’opérations. « Toute interférence avec les activités de la Finul est inacceptable et incohérente avec les engagements pris par le Liban dans le cadre de la résolution 1701 », a-t-il ajouté. L’armée libanaise s’est déployée sur place pour apaiser les tensions. Selon les informations de notre correspondant, le site où les soldats onusiens se sont postés à Yater se trouve directement en face de la position occupée par l’armée israélienne à Jabal Blat.Ces scènes de tension entre les habitants, dans une zone traditionnellement acquise au Hezbollah et au mouvement Amal, et la Finul sont récurrentes ces dernières semaines. À la mi-mai, les habitants de Jmaijmé dans le caza de Bint Jbeil avaient condamné ce qu’ils ont appelé « les violations répétées de la Finul », accusant les Casques bleus d’« entrer dans la zone sans coordonner avec l’armée libanaise et d’empiéter sur des propriétés privées ». Une patrouille de la Finul avait aussi été accusée en mai d’avoir tenté d’enlever et de se débarrasser de drapeaux du Hezbollah et d’images de membres du parti-milice tués dans la zone frontalière près de Aïtaroun et de Blida, situés dans le caza de Marjeyoun. Cependant, un porte-parole de la Finul avait démenti ces allégations à L’Orient-Le Jour, assurant que « les Casques bleus se sont arrêtés pour une autre raison et n’ont pas touché à des drapeaux ou à des images ».
Un nouveau commandant du Hezbollah éliminé
En outre, une attaque israélienne a tué un combattant du Hezbollah sur sa mobylette à Yater, dans le district de Bint Jbeil. Mardi soir, l’annonce officielle des funérailles de la victime, Nabil Mohammad Balaghi, dans ce même village, a été publiée par le parti chiite qui identifie cet homme comme étant issu de ses rangs. De son côté, l’armée israélienne a confirmé mercredi avoir « éliminé un commandant de l’unité de Yater du Hezbollah ». Cet homme avait, « pendant la guerre, mis en œuvre des plans terroristes contre l’armée et l’État israéliens ». Récemment, depuis le cessez-le-feu, il « tentait de remettre sur pied cette unité », a accusé le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, sur X. Mardi aussi, un homme, identifié par Israël comme un membre de l’unité d’élite du Hezbollah, la force al-Radwane, avait succombé à ses blessures après avoir été victime d’un tir de drone, à Majdel Zoun, dans le caza de Tyr, quelques heures plus tôt. Enfin, le ministère de la Santé a annoncé qu’une frappe israélienne menée par un drone israélien sur un véhicule à Abbassiyé (dans le caza de Tyr) a fait un blessé. Le missile lancé par le drone n’avait pas explosé, selon les informations de notre correspondant. Un drone israélien a aussi largué une grenade assourdissante sur Kfar Kila (caza de Marjayoun), blessant un civil. Dans ce cadre, une source sécuritaire israélienne a déclaré au quotidien al-Arabiya, qu’environ 200 membres du Hezbollah ont été éliminés par son armée depuis le cessez-le-feu entré en vigueur fin novembre. La source a ajouté que le gouvernement libanais « commence à assumer » ses responsabilités et « prend des mesures concrètes ». Israël continue de mener des attaques quasi quotidiennes contre le Liban, affirmant viser des positions et combattants du parti chiite, malgré l’accord de cessez-le-feu pour mettre fin à plus d’un an d’hostilités avec le Hezbollah, dont deux mois de guerre totale. Selon les termes de l’accord, seuls les Casques bleus de l’ONU et l’armée libanaise doivent être déployés dans le sud du Liban, où Israël a toutefois maintenu des forces dans cinq positions.


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200 éléments ont été éliminés ces derniers jours alors que ce parti possède toujours son arsenal de guerre et dit ne pas vouloir le déposer pour protéger ses membres? CQFD
11 h 42, le 29 mai 2025